Avez-vous déjà lu… un roman en monovocalisme ?

La semaine dernière, nous vous parlions d’un roman lipogrammatique écrit entièrement sans la lettre e (lire notre article ici). Aujourd’hui, il sera question de son antithèse, un roman écrit exclusivement avec la lettre e ! Cette contrainte littéraire consistant à n’écrire un texte qu’avec une seule voyelle est une variante du lipogramme appelée monovocalisme. Plusieurs OuLiPiens (membres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle) se sont prêtés à l’exercice, comme Georges Perec et son monovocalisme en a What a man, Jacques Jouet et son monovocalisme en o Oh, l’ostrogoth ! ou encore Olivier Salon son monovocalisme en e, Ce fêlé de mec. Le roman en question est sorti en 1972 aux éditions Julliard. Lire la suite

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Avez-vous déjà lu… un roman lipogrammatique ?

Un lipogramme est une contrainte littéraire consistant à écrire un texte sans utiliser une ou plusieurs lettres de l’alphabet. Nous avons déjà cité le texte lipogrammatique, sans la lettre e, de Queneau dans ses Exercices de style (lire notre article ici) dont voici un extrait : « Au stop, l’autobus monta. Y monta un zazou au cou trop long, qui avait sur un caillou un galurin au ruban mou. » Plusieurs auteurs se sont essayés à cet exercice de style, comme Jacques Arago et son Curieux voyage autour du monde, écrit en 1853 sans la lettre a. Mais le plus fameux d’entre eux fait paraître en 1969, aux éditions Denoël, un roman d’environ 300 pages entièrement écrit sans la lettre e. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… la même histoire racontée 99 fois dans un livre ?

En 1947, un livre bien singulier paraît aux éditions Gallimard. Il raconte comment le narrateur aperçoit dans le bus un homme coiffé d’un chapeau inhabituel qui se dispute avec son voisin et se précipite sur le premier siège qui se libère. Plus tard, le narrateur le retrouve à la gare avec un ami qui lui fait une remarque sur un bouton de son pardessus. Rien de bien folichon direz-vous, mais cette histoire à la particularité d’être racontée 99 fois de 99 manières différentes…

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Avez-vous déjà lu… le premier roman écrit sur le principe du cadavre exquis ?

Le cadavre exquis est un jeu littéraire inventé par les surréalistes en 1925, au 54 rue du Château à Paris. Les règles du jeu sont les suivantes : les participants écrivent à tour de rôle le mot d’une phrase sur le modèle sujet + verbe + complément, sans savoir ce que le précédent a écrit. La première phrase née de ce jeu lui donna son nom : « Le cadavre – exquis – boira – le vin – nouveau ». Beaucoup d’artistes et d’auteurs se sont emparés du cadavre exquis, le déclinant dans plusieurs genres, comme l’art plastique ou le cinéma. En littérature, ce jeu inspira de nombreux écrivains dont 14 eurent l’idée délirante de composer un roman entier sur ce principe… Lire la suite

L’Étranger et l’Autre : Meursault, contre-enquête.

Kamel_Daoud_par_Claude_Truong-Ngoc_février_2015Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud a obtenu récemment le prix Goncourt du premier roman. Le principe de ce livre est maintenant connu : il s’agit d’une relecture de L’Étranger d’Albert Camus du point de vue du frère de « l’Arabe », l’homme anonyme tué par Meursault, personnage principal du roman de Camus, auquel il redonnera un nom et une existence. Postulat de départ intéressant, puisqu’il promet une lecture originale d’un classique, mais qui se suffit pas en soi pour faire un bon roman. Alors au final, cette contre-enquête : simple principe astucieux ou véritable roman ?

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Odyssées francophones : Milan Kundera

Depuis la semaine de la francophonie, je vous propose une série de dossiers sur quelques livres majeurs, qui font tous des relectures originales de l’Odyssée d’Homère. En effet, beaucoup d’écrivains étrangers, partis de chez eux pour la France, puis revenus après un long séjour d’errance dans leur pays natal, ont raconté ce voyage géographique et intellectuel en s’inspirant du parcours d’Ulysse, qui quitta Ithaque pendant 20 ans, retenu par une guerre et par le courroux d’un dieu vengeur…

Milan-Kundera

Milan Kundera

Lire ici le premier livre de cette série : Cahier d’un retour au pays natal, Aimé Césaire, 1939.
Deuxième livre de cette série : L’Ignorance, de milan Kundera, 2000.
Lire ici le troisième livre de cette série : Le Dit de Tianyi, François Cheng, 1998.

L’ignorance de la nostalgie

Ce court roman nous présente deux personnages principaux : Irena, qui a quitté la Tchécoslovaquie pour la France peu après l’invasion russe de 1968, et Josef, qui a lui aussi émigré de Tchécoslovaquie à la même période, mais pour aller au Danemark.  Ces personnages déracinés vont se retrouver à Prague, peu après l’écroulement du régime communiste, en 1989. Deux Odyssées différentes, et un « Grand Retour » au pays natal après une longue errance.

Milan Kundera nous explique très tôt le titre de ce roman, dans son style très reconnaissable, mélangeant son récit fictionnel avec un discours analytique sur ce même récit. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… le poète le plus prolifique du monde ?

Un poète français compte à son actif plus de cent mille milliards de poèmes écrits entre 1937 et 1975. Mais nous allons nous intéresser plus particulièrement à son recueil le plus dense, composé en 1961 et contenant à lui seul 100 000 000 000 000 poèmes ! De surcroît, cet astucieux poète réussit l’exploit de réunir cet impressionnant volume de textes en seulement 10 pages… Lire la suite

Enfin de l’art pour les enfants !

Max et les maximonstres, Les Trois Brigands, Petit-Bleu et Petit-Jaune… Autant de titres mémorables qui font renaître en nous de jolis souvenirs d’enfance ! Tous ces albums ont ceci en commun qu’ils sont nés dans les années 60, période remarquable de l’histoire de la littérature jeunesse. Je vous propose ici de revenir sur certains albums marquants de cette audacieuse décennie.

Dans la première moitié du XXe siècle, la littérature jeunesse propose une production assez variée, visant à éveiller l’enfant dans une démarche purement pédagogique. L’image est alors indissociable du texte : elle a une valeur uniquement illustrative. Les années 60 vont révolutionner cette conception des livres pour enfants en apportant notamment une valeur artistique à la notion d’illustration.

Sensibiliser l’enfant à l’esthétique

Impossible de parler d’albums jeunesse des années 60 sans mentionner Robert Delpire. Cet éditeur propose en effet une production jeunesse aux exigences artistiques. Soucieux de proposer des livres de qualité aux enfants, il a pris de grands risques éditoriaux, notamment en publiant dès les années 50 le curieux livre-objet Les Larmes de crocodile d’André François. Lire la suite