En lisant Ulysse – Chapitre 10 : Les Rochers errants

Dixième chapitre du dossier En lisant Ulysse consacré à une lecture personnelle du roman Ulysse de James Joyce : « Les Rochers errants ». Tous les personnages, principaux comme secondaires, sont dans les rues de Dublin, et vaquent à leurs occupations respectives, tandis qu’une calèche traverse la ville. L’occasion pour moi d’évoquer mon rapport au dévoilement et à la pudeur…

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Avez-vous déjà lu… des messages cachés dans la poésie ?

On connaît tous la correspondance grivoise qu’a prétendument entretenu le célèbre couple d’écrivains Georges Sand et Alfred de Musset : une lettre romantique cachant une invitation coquine si on ne lit qu’une ligne sur deux, une réponse lyrique cachant un acrostiche libertin… Aujourd’hui, nous savons que cette correspondance est un canular datant de la fin du XIXe siècle, non signé par nos illustres auteurs français. Néanmoins, la littérature recèle de nombreux messages cachés, dissimulés par la rhétorique, permettant à nombre de poètes d’exercer leur virtuosité stylistique. Voici un petit échantillon de nos figures de style favorites permettant de cacher des messages secrets dans des textes aux apparences faussement innocentes… Lire la suite

En lisant Ulysse – Chapitre 3 : Protée

Troisième chapitre du dossier En lisant Ulysse consacré à une lecture personnelle du roman Ulysse de James Joyce : « Protée ». Stephen Dedalus se promène sur la plage de Sandymount Strand, laissant ses pensées se faire et se défaire au gré de ses pas dans le sable et du flux et du reflux des vagues. L’occasion pour moi d’expliquer en quoi certaines œuvres peuvent devenir des obsessions. Lire la suite

Georges Perec : L’Attentat de Sarajevo

attentat_sarajevoCe n’est un secret pour personne que nous sommes de grands admirateurs de Georges Perec. Romans, essais, poèmes, jeux en tous genres, son œuvre foisonnante, ludique, poignante, énigmatique et terriblement intelligente nous fascine. L’Attentat de Sarajevo est son tout premier roman, récemment retrouvé et jusqu’alors inédit. Nous nous sommes bien évidemment précipités, car ce n’est pas souvent que l’on a l’occasion d’acheter une première édition de Perec le jour de sa sortie…

Autant le dire tout de suite : L’Attentat de Sarajevo n’est pas un chef d’œuvre. Ce n’est même pas un roman particulièrement réussi : il y a des longueurs, beaucoup de maladresses, mais en bons perecophiles, perecophages, perecomanes voire perecolâtres que nous sommes, nous ne pouvions pas passer à côté de ce livre. Lire la suite

Espèces d’espaces de Georges Perec

Espèces d’espaces de Georges Perec est un essai paru en 1974 aux éditions Galilée. Compte tenu de son genre, cet ouvrage porte en lui son propre discours, sa propre analyse, aussi, vais-je me contenter ici de vous le présenter de manière assez objective, mais aussi, de vous parler du plaisir que j’ai à lire et relire ce texte essentiel, qui soulève des questions existentielles qui me semblaient avant de le découvrir inextricables, voire inexistantes. Ce livre a transformé mon rapport à l’espace, quotidiennement ; aussi, puis-je affirmer que ce livre a changé ma vie. Ça méritait bien une chronique, aussi modeste soit-elle ! Lire la suite

Petit Traité invitant à la découverte de l’art subtil du go

Sur le blog, nous adorons, vous l’avez peut-être remarqué, Georges Perec (vous pouvez lire nos articles ici). Georges Perec, c’est un peu l’auteur vers lequel on se tourne quand on a besoin d’être rassurés, sa plume est réconfortante, familière, et pleine de surprise, même en relecture. Il faut dire que Perec s’est essayé, certes, à de nombreuses contraintes, mais aussi à beaucoup de genres littéraires et éditoriaux. Il a notamment co-écrit, avec ses confrères OuLiPiens Pierre Lusson et Jacques Roubaud (ci-dessus photographié avec Perec pendant une partie), un pratique sur un jeu très complexe, personnellement ma bible en termes de jeu de go. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman avec une seule lettre pour titre ?

Nous avons déjà parlé sur ce blog de tentatives poétiques pour réduire un texte à sa plus simple expression (lire ici notre article sur le poème le plus court du monde), mais connaissez-vous un roman dont le titre ne serait composé que d’une seule lettre ? Et s’il y en a plusieurs, serait-il possible de reconstituer un alphabet dans sa bibliothèque uniquement en utilisant la tranche de ces livres ? Et au fait, quel serait l’intérêt, pour un auteur, de nommer son livre ainsi ? Écrire un roman est une lourde tâche, certains écrivains seraient-ils épuisés au point d’être obligés d’inventer des titres si extrêmement laconiques ? Tant de questions essentielles auxquelles nous vous proposons de répondre… Lire la suite

Les Lieux de Georges Perec, une œuvre éclatée

Pierre Getzler_perec

Georges Perec photographié par Pierre Getzler

L’ensemble de l’œuvre de Georges Perec témoigne de son goût prononcé pour la description, l’énumération et l’exhaustivité, ainsi que pour une écriture méthodique et contrainte. C’est dans cette optique de l’écrivain OuLiPien entame en 1969 un projet colossal d’écriture d’un genre nouveau : pendant 12 ans, il décrira précisément 12 lieux parisiens au rythme de 2 lieux par mois, afin d’élaborer quelques 288 textes mettant en exergue l’influence du temps sur la ville, mais aussi sur l’écrivain lui-même et sur son écriture. Cette œuvre, malheureusement inachevée, devait s’intituler Les Lieux. Je vous propose ici de découvrir la genèse de ce texte et ses œuvres de remplacement. Lire la suite

« Les 50 choses à ne pas oublier de faire avant de mourir » selon Georges Perec

Lors de l’émission de radio « Mi fugue, mi raisin » diffusée en 1981, le présentateur avait demandé à Georges Perec quelles étaient les 50 choses à ne pas oublier de faire avant de mourir. Perec s’est prêté au jeu, en arrêtant toutefois sa liste à 36 éléments. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman en monovocalisme ?

La semaine dernière, nous vous parlions d’un roman lipogrammatique écrit entièrement sans la lettre e (lire notre article ici). Aujourd’hui, il sera question de son antithèse, un roman écrit exclusivement avec la lettre e ! Cette contrainte littéraire consistant à n’écrire un texte qu’avec une seule voyelle est une variante du lipogramme appelée monovocalisme. Plusieurs OuLiPiens (membres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle) se sont prêtés à l’exercice, comme Georges Perec et son monovocalisme en a What a man, Jacques Jouet et son monovocalisme en o Oh, l’ostrogoth ! ou encore Olivier Salon son monovocalisme en e, Ce fêlé de mec. Le roman en question est sorti en 1972 aux éditions Julliard. Lire la suite