Avez-vous déjà lu… le premier « livre-jeu » ?

Les « livres-jeux », aussi appelés « livres dont vous êtes le héros », ont connu leur apogée dans les années 1980 pour sombrer dans l’oubli la décennie suivante. Il s’agit de romans interactifs où le lecteur, tel un joueur de jeu de rôle, incarne le personnage principal du récit. Il influe directement sur la trame de l’histoire en faisant des choix personnels qui orientent le déroulé de son aventure. Le principe de ce type de roman est simple, il reprend la structure d’une arborescence : à la fin de chaque paragraphe, tous numérotés, le lecteur choisit la direction que prendra l’histoire parmi plusieurs possibilités ; il est ainsi invité à se rendre à tel ou tel paragraphe pour lire la suite de son aventure. Chaque paragraphe représente ainsi un embranchement, et les choix du héros autant de branches permettant au lecteur de construire sa propre version de l’histoire.

Ces romans naissent en Grande-Bretagne et sont pour la plupart édités dans la célèbre collection Fighting Fantasy. En France, ces livres sont édités chez Folio Junior, dans la collection « Un livre dont vous êtes le héros », parmi lesquels nous pouvons citer, pour les plus célèbres, Le Sorcier de la montagne de Feu de Steve Jackson et Ian Livingstone (également fondateurs de la collection Fighting Fantasy) Le Labyrinthe de la Mort de Ian Livingstone, ou encore Le Loup solitaire de Joe Denver. Ces romans s’inspirent principalement de la littérature fantastique ou heroic fantasy. Mais bien avant que ces livres-jeux remportent un si franc succès dans les années 1980, il est un bien surprenant précurseur qui mis en œuvre la première histoire « à votre façon »… Lire la suite

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Avez-vous déjà lu… un poème de métro ?

Le métro (et d’une manière générale les transports en commun) est le lieu tout indiqué pour s’accorder une pause-lecture qui vient souvent ouvrir ou clore une journée de dur labeur. Mais le métro est aussi un support littéraire tout autre, un lieu non plus de lecture mais d’écriture ! Pour l’oulipien Jacques Jouet, le métro devient même une contrainte d’écriture poétique, obéissant à une codification très stricte auquel chacun, armé d’un carnet et d’un stylo, pourra s’adonner avec amusement et créativité, et que je vous laisse découvrir dans l’article qui suit… Lire la suite

Avez-vous déjà lu… une lipolepse ?

En janvier 1974, La Nouvelle Revue Française publie dans son numéro 253 une série de dix-neuf poèmes écrit par Raymond Queneau, poèmes qui ont tous une forme fixe jusqu’alors inédite. Plus tard, en 1975, ces poèmes, accompagnés d’une trentaine d’autres, seront publiés chez Gallimard dans un recueil intitulé Morale élémentaire. D’ailleurs, cette forme poétique si singulière porte le même nom de « morale élémentaire », mais aussi de « lipolepse », néologisme initialement employé par le poète OuLiPien. Mais précisément, qu’est-ce qu’une lipolepse ? Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un poème monorime ?

On se souvient tous de nos cours de français où la poésie nous était enseignée, entre autres, par les fameuses rimes : rimes suivies (AABB), rimes croisées (ABAB) ou encore rimes embrassées (ABBA). Il existe évidemment d’autres variétés de rimes, toutes aussi harmonieuses les unes que les autres ; mais il est très rare de lire de la poésie monorime, c’est-à-dire qui n’utilise qu’une seule et unique rime (AAAAAAAA…). En termes de rhétorique, la poésie monorime est considérée comme lourde, disharmonieuse, presque comique, elle fatigue l’oreille par cette répétition sonore sans musicalité. Certes ! Mais il est cependant certains poètes qui ont su user avec intelligence de cette dissonante poésie monorime à des fins que je vous laisse découvrir… Lire la suite

Petit Traité invitant à la découverte de l’art subtil du go

Sur le blog, nous adorons, vous l’avez peut-être remarqué, Georges Perec (vous pouvez lire nos articles ici). Georges Perec, c’est un peu l’auteur vers lequel on se tourne quand on a besoin d’être rassurés, sa plume est réconfortante, familière, et pleine de surprise, même en relecture. Il faut dire que Perec s’est essayé, certes, à de nombreuses contraintes, mais aussi à beaucoup de genres littéraires et éditoriaux. Il a notamment co-écrit, avec ses confrères OuLiPiens Pierre Lusson et Jacques Roubaud (ci-dessus photographié avec Perec pendant une partie), un pratique sur un jeu très complexe, personnellement ma bible en termes de jeu de go. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un OuLiPien du Moyen Âge ?

Nous aimons beaucoup sur ce blog l’OuLiPo, l’Ouvroir de littérature potentielle, et ses productions textuelles et expérimentales basées sur la contrainte littéraire (vous pouvez découvrir ici nos articles sur l’OuLiPo). Pour les membres de cet atelier, la création littéraire passe avant tout par une recherche formelle et des jeux sur le langage. Sans avoir la primeur de cet intérêt pour les formes littéraires, les OuLiPiens aiment à appeler ceux dont ils s’inspirent des « plagiaires par anticipation » ! Et il est, parmi ces « plagiaires », un groupe de poètes qui œuvraient dès le Moyen Âge à multiplier les contraintes et s’interroger sur les jeux d’écriture. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un poème boule de neige ?

La boule de neige est une contrainte littéraire définie ainsi par l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentiel) : « Une boule de neige de longueur n est un poème dont le premier vers est fait d’un mot d’une lettre, le second d’un mot de deux lettres, etc…. Le nième vers a n lettres. » Ainsi, un poème dit boule de neige (ou en avalanche) est visuellement reconnaissable par son gonflement à la base, lui donnant des allures de triangle ! Il existe des variantes à cette contrainte d’écriture, comme la boule de neige fondante, dont le nombre de lettres par vers croît puis décroît, la boule de neige de mots, ou encore la boule de neige métrique prenant en compte non pas le nombre de lettres dans un vers mais le nombre de syllabes. Il est d’ailleurs un poème remarquable d’un illustre écrivain du XIXe siècle, une boule de neige métrique fondante… Lire la suite

Avez-vous déjà lu… une dictée difficile avec des mots simples ?

C’est bientôt l’été, l’occasion de ne pas laisser ses enfants en profiter totalement et les soumettre à de saines occupations telles que les devoirs de vacances. Textualités a pensé à vous et va vous faire économiser l’achat d’un coûteux cahier de vacances en vous proposant une dictée courte, composée de mots simples, mais dont la copie sans erreurs devrait occuper votre bambin durant tout l’été. Merci qui ? Merci Textualités !

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Avez-vous déjà lu… un roman en monovocalisme ?

La semaine dernière, nous vous parlions d’un roman lipogrammatique écrit entièrement sans la lettre e (lire notre article ici). Aujourd’hui, il sera question de son antithèse, un roman écrit exclusivement avec la lettre e ! Cette contrainte littéraire consistant à n’écrire un texte qu’avec une seule voyelle est une variante du lipogramme appelée monovocalisme. Plusieurs OuLiPiens (membres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle) se sont prêtés à l’exercice, comme Georges Perec et son monovocalisme en a What a man, Jacques Jouet et son monovocalisme en o Oh, l’ostrogoth ! ou encore Olivier Salon son monovocalisme en e, Ce fêlé de mec. Le roman en question est sorti en 1972 aux éditions Julliard. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman lipogrammatique ?

Un lipogramme est une contrainte littéraire consistant à écrire un texte sans utiliser une ou plusieurs lettres de l’alphabet. Nous avons déjà cité le texte lipogrammatique, sans la lettre e, de Queneau dans ses Exercices de style (lire notre article ici) dont voici un extrait : « Au stop, l’autobus monta. Y monta un zazou au cou trop long, qui avait sur un caillou un galurin au ruban mou. » Plusieurs auteurs se sont essayés à cet exercice de style, comme Jacques Arago et son Curieux voyage autour du monde, écrit en 1853 sans la lettre a. Mais le plus fameux d’entre eux fait paraître en 1969, aux éditions Denoël, un roman d’environ 300 pages entièrement écrit sans la lettre e. Lire la suite