Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey

Et quelquefois j’ai comme une grande idée _Il est des livres qui vous happent, pleinement, qui vous accompagnent pendant des jours et vous quittent difficilement, marquant pour toujours votre vie de lecteur. Et quelquefois j’ai comme une grande idée, roman écrit en 1964 par Ken Kesey, est de ceux-là. Nombreux s’accordent à parler de ce roman en termes de « chef d’œuvre », chose dont je ne vais pas me priver dans cette chronique tant j’ai été séduite par l’écriture déconcertante de Kesey et son fabuleux don de conteur ! Cet écrivain halluciné de la Beat Generation, auteur du célébrissime Vol au-dessus d’un nid de coucou, nous raconte en effet une histoire très prenante, avec des personnages forts et attachants, le tout avec un discours pertinent sur la vie et la littérature. Un coup de maître dont on est en droit de se demander comment on a pu s’en passer en France pendant près de 50 ans ! Il aura d’ailleurs fallut 8 années d’acharnement pour qu’une version française, signée Antoine Cazé, paraisse dans un sublime ouvrage publié par les éditions Monsieur Toussaint Louverture dont on se doit de saluer le remarquable travail. Lire la suite

Les Contes des Saisons

Depuis Le Peuple migrateur sorti en 2001, Jacques Perrin a réalisé avec son acolyte Jacques Cluzaud plusieurs films très contemplatifs sur la nature, comme le majestueux Océans ou, le dernier en date, Les Saisons, retraçant l’histoire de la forêt européenne depuis la fin de la dernière période glaciaire jusqu’à aujourd’hui. Dans ces films, le discours écologique est fort : on nous y rappelle la magnificence du monde naturel et l’impact dévastateur des activités humaines. Personnellement, je trouve ces films très émouvants, empreints d’une valeur pédagogique non-négligeable. Actes Sud Junior a d’ailleurs sorti 3 livres à destination des enfants directement inspirés du film les Saisons, dont un très bel album illustré abordant les mêmes questions soulevées dans le film de manière parfaitement accessible pour les petits lecteurs. Car il n’est jamais trop tôt pour éveiller les consciences et porter un regard responsable sur la nature qui nous entoure. Lire la suite

Regain de Jean Giono

regainAvec Regain, Giono clôt la Trilogie de Pan (Colline et Un de Baumugnes en sont les deux premiers opus), avec comme fil conducteur la représentation d’une nature belle et impitoyable, purificatrice et destructrice. Dans cette trilogie, Giono dépeint avec un lyrisme remarquable le rapport de l’homme à cette nature ambivalente, tantôt conflictuel, tantôt harmonieux. Avec Regain, l’écrivain nous parle de la désertification d’un village imaginaire de Provence, Aubignagne, et de son dernier habitant. Dans une construction symétrique et parfaitement lisible, il développe son écriture, toujours si poétique et mythologique, autour des thèmes de la mort et de la renaissance du village, dans une parfaite harmonie avec la terre. Lire la suite

Un de Baumugnes de Jean Giono

Avec Un de Baumugnes, le deuxième volet de la trilogie de Pan (qui se termine avec Regain) de Jean Giono, j’ai passé un grand moment de lecture ! Bien que ce récit soit bref, il est écrit dans le style délectable et inimitable de Giono, qui, pour ses premières œuvres, crée de sublimes images panthéistes, très poétiques, mêlant harmonieusement la société humaine et la nature avec laquelle elle s’épanouit. Dans le premier roman de la trilogie de Pan, Colline, Giono propose un regard cruel sur le conflit opposant l’homme à la nature. Avec Un de Baumugnes, les voilà réconciliés : il y est question d’hommes et de femmes de la terre, du terroir même, qui vivent dans le respect de la nature. Pas de mise à mort d’animaux ici, pas de meurtres… Le seul fusil convoqué ne tirera jamais. Un de Baumugnes, c’est tout simplement une histoire d’amour dans le monde rural du début du XXe siècle, et c’est beau à pleurer ! Lire la suite

Colline de Jean Giono

gionoColline est le premier roman de Jean Giono, écrit en 1929, alors que l’auteur est âgé de 34 ans. Il s’agit d’un récit court, mais très dense, d’un récit puissant, dérangeant, irradié par une écriture de toute beauté, de la vraie poésie panthéiste, rythmée, imagée, troublante. Il y est question de quelques hommes vivant dans un petit hameau, une micro-société isolée au cœur de la campagne, près d’une colline. Giono nous parle des hommes et de leur rapport à la nature, de leur cohabitation et de leurs affrontements, mais c’est surtout la nature des hommes qu’il révèle, amèrement, avec tristesse. C’est un roman marquant, qui nous mène vers des sentiers inattendus, nous dupe et nous dévoile. Un chef-d’œuvre, évidemment… Lire la suite