Les Métamorphoses d’Ovide, par Marie Cosnay

J’ai découvert Les Métamorphoses d’Ovide, ce monument de la littérature antique, lors de mes études de lettres modernes car, je l’avoue honteusement, je ne vais pas spontanément vers les lettres classiques. Mais si je manque parfois de curiosité littéraire, je sais admettre quand un texte dépasse largement mon horizon d’attente, biaisé par mes sempiternelles craintes de m’ennuyer prodigieusement en lisant de la littérature d’avant les Lumières. Plusieurs auteurs et autrices m’ont déjà pourtant prouvé le contraire, comme Homère, bien sûr, mais aussi Chrétien de Troyes, Robert de Boron, Rabelais, Racine et pleins d’autres ! Évidemment, Les Métamorphoses d’Ovide m’ont surprise et enchantée, comme tant d’autres récits classiques, mais aujourd’hui encore, je ne me dis que trop rarement : « Tiens, je me ferais bien une petite épopée antique/tragédie classique/roman de chevalerie/recueil des Pléiades,etc. » et j’ai bien tort. Heureusement, j’apprends en vieillissant, et quand les Éditions de l’Ogre ont annoncé la parution d’une nouvelle traduction des Métamorphoses, j’ai trépigné d’impatience à l’idée de redécouvrir ce texte formidable ! Le livre est depuis octobre dernier disponible en librairie, un ouvrage d’une grande élégance pour un texte particulièrement bluffant, non par le fond – que l’on connaît tous – mais par la forme, précisément par la langue de la traductrice Marie Cosnay qui a modernisé Les Métamorphoses d’une manière inattendue. Lire la suite

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Chacal Tabaqui – La Maison dans laquelle de Mariam Petrosyan

maison_dans_laquelleAttention spoilers ! Je préfère mettre d’emblée en garde le lecteur qui s’égarerait par ici. Ce billet n’est pas une chronique du roman de l’auteur arménienne Mariam Petrosyan, La Maison dans laquelle : si vous n’avez pas encore lu ce best-seller, je vous invite à lire ma chronique à son sujet par ici. Si par contre, vous avez déjà lu ce fascinant roman, vous vous êtes probablement amplement interrogés sur ses secrets, toujours nébuleux, pas explicitement levés. Dans ce cas, cet article pourrait vous intéresser. Troublée par le monde si singulier de la Maison, ma première lecture a su me frustrer suffisamment pour que j’y retourne, cette fois-ci mieux armée : j’ai lu de nombreux classiques de la littérature jeunesse dont s’est assurément nourrie l’auteur et j’ai centré ma relecture autour d’un axe, une énigme qui m’a paru sinon la clé essentielle du roman, du moins un de ses éléments fondamentaux. Rétrospectivement, cet axe me paraît LA clé essentielle au texte, mais c’est sans doute parce que j’ai envie qu’il en soit ainsi : je vais donc argumenter dans ce sens. Aussi, l’article qui suit est une tentative d’analyse, sinon d’exégèse, autour du paradoxal et consistant personnage de Chacal Tabaqui, en conséquence de quoi, j’y parle de passages importants du roman. Je m’adresse donc ici aux lecteurs avertis, le propos est bourré de spoils. Autre point avant de démarrer : je n’ai pas la prétention d’avoir saisi tous les enjeux du texte de Mariam Petrosyan et loin de moi l’idée de vous dévoiler ce que l’auteur avait en tête en écrivant ce texte : il s’agit simplement et humblement de ma propre interprétation de ce roman très ouvert, interprétation nourrie par ma culture personnelle et mes propres conclusions. Dernier point : mon russe étant un peu rouillé, je m’appuie pour cette analyse sur la traduction de Raphaëlle Pache publiée aux Éditions Monsieur Toussaint Louverture. Lire la suite