Georges Perec : L’Attentat de Sarajevo

attentat_sarajevoCe n’est un secret pour personne que nous sommes de grands admirateurs de Georges Perec. Romans, essais, poèmes, jeux en tous genres, son œuvre foisonnante, ludique, poignante, énigmatique et terriblement intelligente nous fascine. L’Attentat de Sarajevo est son tout premier roman, récemment retrouvé et jusqu’alors inédit. Nous nous sommes bien évidemment précipités, car ce n’est pas souvent que l’on a l’occasion d’acheter une première édition de Perec le jour de sa sortie…

Autant le dire tout de suite : L’Attentat de Sarajevo n’est pas un chef d’œuvre. Ce n’est même pas un roman particulièrement réussi : il y a des longueurs, beaucoup de maladresses, mais en bons perecophiles, perecophages, perecomanes voire perecolâtres que nous sommes, nous ne pouvions pas passer à côté de ce livre. Lire la suite

Publicités

Espèces d’espaces de Georges Perec

Espèces d’espaces de Georges Perec est un essai paru en 1974 aux éditions Galilée. Compte tenu de son genre, cet ouvrage porte en lui son propre discours, sa propre analyse, aussi, vais-je me contenter ici de vous le présenter de manière assez objective, mais aussi, de vous parler du plaisir que j’ai à lire et relire ce texte essentiel, qui soulève des questions existentielles qui me semblaient avant de le découvrir inextricables, voire inexistantes. Ce livre a transformé mon rapport à l’espace, quotidiennement ; aussi, puis-je affirmer que ce livre a changé ma vie. Ça méritait bien une chronique, aussi modeste soit-elle ! Lire la suite

Petit Traité invitant à la découverte de l’art subtil du go

Sur le blog, nous adorons, vous l’avez peut-être remarqué, Georges Perec (vous pouvez lire nos articles ici). Georges Perec, c’est un peu l’auteur vers lequel on se tourne quand on a besoin d’être rassurés, sa plume est réconfortante, familière, et pleine de surprise, même en relecture. Il faut dire que Perec s’est essayé, certes, à de nombreuses contraintes, mais aussi à beaucoup de genres littéraires et éditoriaux. Il a notamment co-écrit, avec ses confrères OuLiPiens Pierre Lusson et Jacques Roubaud (ci-dessus photographié avec Perec pendant une partie), un pratique sur un jeu très complexe, personnellement ma bible en termes de jeu de go. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman avec une seule lettre pour titre ?

Nous avons déjà parlé sur ce blog de tentatives poétiques pour réduire un texte à sa plus simple expression (lire ici notre article sur le poème le plus court du monde), mais connaissez-vous un roman dont le titre ne serait composé que d’une seule lettre ? Et s’il y en a plusieurs, serait-il possible de reconstituer un alphabet dans sa bibliothèque uniquement en utilisant la tranche de ces livres ? Et au fait, quel serait l’intérêt, pour un auteur, de nommer son livre ainsi ? Écrire un roman est une lourde tâche, certains écrivains seraient-ils épuisés au point d’être obligés d’inventer des titres si extrêmement laconiques ? Tant de questions essentielles auxquelles nous vous proposons de répondre… Lire la suite

Les Lieux de Georges Perec, une œuvre éclatée

Pierre Getzler_perec

Georges Perec photographié par Pierre Getzler

L’ensemble de l’œuvre de Georges Perec témoigne de son goût prononcé pour la description, l’énumération et l’exhaustivité, ainsi que pour une écriture méthodique et contrainte. C’est dans cette optique de l’écrivain OuLiPien entame en 1969 un projet colossal d’écriture d’un genre nouveau : pendant 12 ans, il décrira précisément 12 lieux parisiens au rythme de 2 lieux par mois, afin d’élaborer quelques 288 textes mettant en exergue l’influence du temps sur la ville, mais aussi sur l’écrivain lui-même et sur son écriture. Cette œuvre, malheureusement inachevée, devait s’intituler Les Lieux. Je vous propose ici de découvrir la genèse de ce texte et ses œuvres de remplacement. Lire la suite

« Les 50 choses à ne pas oublier de faire avant de mourir » selon Georges Perec

Lors de l’émission de radio « Mi fugue, mi raisin » diffusée en 1981, le présentateur avait demandé à Georges Perec quelles étaient les 50 choses à ne pas oublier de faire avant de mourir. Perec s’est prêté au jeu, en arrêtant toutefois sa liste à 36 éléments. Lire la suite

Pourquoi a-t-on besoin d’histoires ?

On ne s’intéresse pas à la littérature sans se poser au moins une fois la question de la place des histoires dans nos vies. Si on répond un peu trop rapidement, on affirmera que l’intérêt d’une histoire peut être double : informer et divertir. Tâchons tout de même de creuser la question, en considérant les nombreux sens que peut revêtir ce mot.

Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman en monovocalisme ?

La semaine dernière, nous vous parlions d’un roman lipogrammatique écrit entièrement sans la lettre e (lire notre article ici). Aujourd’hui, il sera question de son antithèse, un roman écrit exclusivement avec la lettre e ! Cette contrainte littéraire consistant à n’écrire un texte qu’avec une seule voyelle est une variante du lipogramme appelée monovocalisme. Plusieurs OuLiPiens (membres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle) se sont prêtés à l’exercice, comme Georges Perec et son monovocalisme en a What a man, Jacques Jouet et son monovocalisme en o Oh, l’ostrogoth ! ou encore Olivier Salon son monovocalisme en e, Ce fêlé de mec. Le roman en question est sorti en 1972 aux éditions Julliard. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman lipogrammatique ?

Un lipogramme est une contrainte littéraire consistant à écrire un texte sans utiliser une ou plusieurs lettres de l’alphabet. Nous avons déjà cité le texte lipogrammatique, sans la lettre e, de Queneau dans ses Exercices de style (lire notre article ici) dont voici un extrait : « Au stop, l’autobus monta. Y monta un zazou au cou trop long, qui avait sur un caillou un galurin au ruban mou. » Plusieurs auteurs se sont essayés à cet exercice de style, comme Jacques Arago et son Curieux voyage autour du monde, écrit en 1853 sans la lettre a. Mais le plus fameux d’entre eux fait paraître en 1969, aux éditions Denoël, un roman d’environ 300 pages entièrement écrit sans la lettre e. Lire la suite

Avez -vous déjà lu… le plus long palindrome rédigé en français ?

Un palindrome est un mot ou un texte que l’on peut lire indifféremment de gauche à droite et de droite à gauche. Parmi les exemples les plus fameux, on trouve les alexandrins de Victor Hugo « Tu l’as trop écrasé, César, ce Port-Salut ! » et « Et la marine va, papa, venir à Malte », salués comme des exercices de style remarquables. Alors que dire d’un palindrome qui comprend 1 247 mots contenant en tout 5 566 lettres ?
Lire la suite