Avez-vous déjà lu… un poème graphique ?

Nous connaissons tous les calligrammes d’Apollinaire, poèmes très visuelles, dont le texte est disposé de manière à former un dessin. À ce propos, si le calligramme vous intéresse, n’hésitez pas à consulter notre article sur un étonnant roman calligrammatique ! Mais il est une forme de poésie, également visuelle, dont la finalité n’est pas un travail direct sur la forme : il s’agit de la poésie graphique qui joue sur les variations typographiques (lettres capitales ou bas-de-casse, italique, gras, taille des lettres…) et une mise en page non-conventionnelle. Cette forme poétique novatrice a été initiée en 1897 par un illustre avant-gardiste… Lire la suite

Les Lieux de Georges Perec, une œuvre éclatée

Pierre Getzler_perec

Georges Perec photographié par Pierre Getzler

L’ensemble de l’œuvre de Georges Perec témoigne de son goût prononcé pour la description, l’énumération et l’exhaustivité, ainsi que pour une écriture méthodique et contrainte. C’est dans cette optique de l’écrivain OuLiPien entame en 1969 un projet colossal d’écriture d’un genre nouveau : pendant 12 ans, il décrira précisément 12 lieux parisiens au rythme de 2 lieux par mois, afin d’élaborer quelques 288 textes mettant en exergue l’influence du temps sur la ville, mais aussi sur l’écrivain lui-même et sur son écriture. Cette œuvre, malheureusement inachevée, devait s’intituler Les Lieux. Je vous propose ici de découvrir la genèse de ce texte et ses œuvres de remplacement. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… le premier écrivain au monde ?

L’histoire littéraire regorge de figures incontournables, mais connaissez-vous le nom du tout premier écrivain connu de l’histoire de l’humanité ? La réponse risque de bousculer certains a priori de ceux qui pensent que la littérature est d’abord une affaire d’hommes occidentaux, puisqu’il s’agit d’une femme, qui a vécu 2000 ans avant notre ère dans la région d’Akkad, au Moyen-Orient. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un OuLiPien du Moyen Âge ?

Nous aimons beaucoup sur ce blog l’OuLiPo, l’Ouvroir de littérature potentielle, et ses productions textuelles et expérimentales basées sur la contrainte littéraire (vous pouvez découvrir ici nos articles sur l’OuLiPo). Pour les membres de cet atelier, la création littéraire passe avant tout par une recherche formelle et des jeux sur le langage. Sans avoir la primeur de cet intérêt pour les formes littéraires, les OuLiPiens aiment à appeler ceux dont ils s’inspirent des « plagiaires par anticipation » ! Et il est, parmi ces « plagiaires », un groupe de poètes qui œuvraient dès le Moyen Âge à multiplier les contraintes et s’interroger sur les jeux d’écriture. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un poème boule de neige ?

La boule de neige est une contrainte littéraire définie ainsi par l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentiel) : « Une boule de neige de longueur n est un poème dont le premier vers est fait d’un mot d’une lettre, le second d’un mot de deux lettres, etc…. Le nième vers a n lettres. » Ainsi, un poème dit boule de neige (ou en avalanche) est visuellement reconnaissable par son gonflement à la base, lui donnant des allures de triangle ! Il existe des variantes à cette contrainte d’écriture, comme la boule de neige fondante, dont le nombre de lettres par vers croît puis décroît, la boule de neige de mots, ou encore la boule de neige métrique prenant en compte non pas le nombre de lettres dans un vers mais le nombre de syllabes. Il est d’ailleurs un poème remarquable d’un illustre écrivain du XIXe siècle, une boule de neige métrique fondante… Lire la suite

« Les 50 choses à ne pas oublier de faire avant de mourir » selon Georges Perec

Lors de l’émission de radio « Mi fugue, mi raisin » diffusée en 1981, le présentateur avait demandé à Georges Perec quelles étaient les 50 choses à ne pas oublier de faire avant de mourir. Perec s’est prêté au jeu, en arrêtant toutefois sa liste à 36 éléments. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman en calligramme ?

Guillaume_Apollinaire_Calligramme_ChevalLe calligramme est un mot-valise formé à partir des mots « calligraphie » et « idéogramme », inventé par Guillaume Apollinaire en 1918 pour son recueil de poèmes éponyme. Il désigne un poème dont le texte est disposé de manière à former un dessin, en lien avec ce qui y est énoncé. Fond et forme se font alors écho. Voyez ci-contre un très élégant calligramme d’Apollinaire en forme de cheval. Mais si le calligramme appartient à la poésie, un auteur s’est emparé de son esthétique graphique dans un genre qui s’y prête beaucoup moins : le roman. Il existe en effet un roman, curiosité éditoriale manifeste, qui use et abuse en toute légitimité de calligrammes, offrant à ses lecteurs une expérience de lecture inédite ! Lire la suite

Avez-vous déjà lu… une pièce de théâtre injouable ?

Si comme moi vous pensez que l’intérêt d’une pièce de théâtre ne réside pas totalement dans son texte, mais aussi dans sa mise en scène, vous serez surpris d’apprendre qu’un grand dramaturge du XIXe siècle a écrit une pièce de théâtre injouable et injouée dans sa version originale. Mais en quoi une pièce de théâtre peut-elle être « injouable » ? Qu’est-ce qui peut bien empêcher un metteur en scène de la monter ? Et surtout, si son auteur ne peut la voir jouer sur scène, pourquoi l’avoir écrite ? Lire la suite

Avez-vous déjà lu… une dictée difficile avec des mots simples ?

C’est bientôt l’été, l’occasion de ne pas laisser ses enfants en profiter totalement et les soumettre à de saines occupations telles que les devoirs de vacances. Textualités a pensé à vous et va vous faire économiser l’achat d’un coûteux cahier de vacances en vous proposant une dictée courte, composée de mots simples, mais dont la copie sans erreurs devrait occuper votre bambin durant tout l’été. Merci qui ? Merci Textualités !

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Avez-vous déjà lu… un roman en monovocalisme ?

La semaine dernière, nous vous parlions d’un roman lipogrammatique écrit entièrement sans la lettre e (lire notre article ici). Aujourd’hui, il sera question de son antithèse, un roman écrit exclusivement avec la lettre e ! Cette contrainte littéraire consistant à n’écrire un texte qu’avec une seule voyelle est une variante du lipogramme appelée monovocalisme. Plusieurs OuLiPiens (membres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle) se sont prêtés à l’exercice, comme Georges Perec et son monovocalisme en a What a man, Jacques Jouet et son monovocalisme en o Oh, l’ostrogoth ! ou encore Olivier Salon son monovocalisme en e, Ce fêlé de mec. Le roman en question est sorti en 1972 aux éditions Julliard. Lire la suite