Espèces d’espaces de Georges Perec

Espèces d’espaces de Georges Perec est un essai paru en 1974 aux éditions Galilée. Compte tenu de son genre, cet ouvrage porte en lui son propre discours, sa propre analyse, aussi, vais-je me contenter ici de vous le présenter de manière assez objective, mais aussi, de vous parler du plaisir que j’ai à lire et relire ce texte essentiel, qui soulève des questions existentielles qui me semblaient avant de le découvrir inextricables, voire inexistantes. Ce livre a transformé mon rapport à l’espace, quotidiennement ; aussi, puis-je affirmer que ce livre a changé ma vie. Ça méritait bien une chronique, aussi modeste soit-elle ! Lire la suite

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Les Lieux de Georges Perec, une œuvre éclatée

Pierre Getzler_perec

Georges Perec photographié par Pierre Getzler

L’ensemble de l’œuvre de Georges Perec témoigne de son goût prononcé pour la description, l’énumération et l’exhaustivité, ainsi que pour une écriture méthodique et contrainte. C’est dans cette optique de l’écrivain OuLiPien entame en 1969 un projet colossal d’écriture d’un genre nouveau : pendant 12 ans, il décrira précisément 12 lieux parisiens au rythme de 2 lieux par mois, afin d’élaborer quelques 288 textes mettant en exergue l’influence du temps sur la ville, mais aussi sur l’écrivain lui-même et sur son écriture. Cette œuvre, malheureusement inachevée, devait s’intituler Les Lieux. Je vous propose ici de découvrir la genèse de ce texte et ses œuvres de remplacement. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un OuLiPien du Moyen Âge ?

Nous aimons beaucoup sur ce blog l’OuLiPo, l’Ouvroir de littérature potentielle, et ses productions textuelles et expérimentales basées sur la contrainte littéraire (vous pouvez découvrir ici nos articles sur l’OuLiPo). Pour les membres de cet atelier, la création littéraire passe avant tout par une recherche formelle et des jeux sur le langage. Sans avoir la primeur de cet intérêt pour les formes littéraires, les OuLiPiens aiment à appeler ceux dont ils s’inspirent des « plagiaires par anticipation » ! Et il est, parmi ces « plagiaires », un groupe de poètes qui œuvraient dès le Moyen Âge à multiplier les contraintes et s’interroger sur les jeux d’écriture. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman en monovocalisme ?

La semaine dernière, nous vous parlions d’un roman lipogrammatique écrit entièrement sans la lettre e (lire notre article ici). Aujourd’hui, il sera question de son antithèse, un roman écrit exclusivement avec la lettre e ! Cette contrainte littéraire consistant à n’écrire un texte qu’avec une seule voyelle est une variante du lipogramme appelée monovocalisme. Plusieurs OuLiPiens (membres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle) se sont prêtés à l’exercice, comme Georges Perec et son monovocalisme en a What a man, Jacques Jouet et son monovocalisme en o Oh, l’ostrogoth ! ou encore Olivier Salon son monovocalisme en e, Ce fêlé de mec. Le roman en question est sorti en 1972 aux éditions Julliard. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman lipogrammatique ?

Un lipogramme est une contrainte littéraire consistant à écrire un texte sans utiliser une ou plusieurs lettres de l’alphabet. Nous avons déjà cité le texte lipogrammatique, sans la lettre e, de Queneau dans ses Exercices de style (lire notre article ici) dont voici un extrait : « Au stop, l’autobus monta. Y monta un zazou au cou trop long, qui avait sur un caillou un galurin au ruban mou. » Plusieurs auteurs se sont essayés à cet exercice de style, comme Jacques Arago et son Curieux voyage autour du monde, écrit en 1853 sans la lettre a. Mais le plus fameux d’entre eux fait paraître en 1969, aux éditions Denoël, un roman d’environ 300 pages entièrement écrit sans la lettre e. Lire la suite