Article 353 du code pénal de Tanguy Viel

article353_tanguyvielArticle 353 du code pénal est le tout dernier opus de Tanguy Viel, sorti lors de la rentrée littéraire de janvier 2017, aux géniales Éditions de Minuit. Dévoré en quelques jours, l’ensemble du roman me laisse un peu perplexe, sinon hésitante quant au réel propos du texte. À première vue, Article 353 du code pénal est un polar bien ficelé, un huis clos entre un juge et un meurtrier parfaitement maîtrisé, un beau crescendo qui nous conduit à une chute déconcertante. Bref, Tanguy Viel manie à la perfection l’art du suspens et use des codes du roman noir avec brio. Néanmoins, cette fin absolument inadéquate m’a permis de mettre en lumière ce qui m’ont semblé être quelques pistes d’analyses un peu plus subtiles. Honnêtement, j’ai du mal à concevoir que Tanguy Viel n’ait écrit qu’un simple polar. Je préfère voir dans ce texte un jeu intertextuel sur la notion de fiction et de ses codes diégétiques et, surtout, un questionnement profond et légitime sur notre rapport à la justice. Lire la suite

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« Le film était mieux ! »

Il y a quelques temps, nous vous parlions des préjugés du XIXe siècle par le biais du cinglant Dictionnaire des idées reçues de Flaubert. Si le cinéma avait existé à l’époque de la rédaction de cet ouvrage, on aurait sans doute pu y lire, au mot « film », le poncif tenace de notre époque :
FILM : Le livre était mieux !
Ce fameux adage, si on l’en croit ceux qui le déclament à chaque occasion, s’applique finalement aux adaptations cinématographiques de best-sellers. Mais que fait-on des films nés de romans médiocres ou totalement inconnus sans le retentissement dont ils ont profité grâce au succès d’un film ? Car s’il est vrai que les adaptations cinématographiques de la littérature ne lui rendent pas toujours l’hommage qu’elle mérite, il n’est pas non plus rare de trouver des perles du 7e art qui ont su sublimer, voire surpasser en qualité les œuvres adaptées. Aussi, nous avons eu envie de vous parler de ces films qui ont puisé avec panache dans la littérature, en vous proposant, à l’instar du web-documentaire d’Arte Blow up, un petit top 10, subjectif, de nos meilleures adaptations de livres au cinéma ! Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman décrivant entièrement un film ?

On appelle ekphrasis une description très précise d’une œuvre d’art. On en retrouve beaucoup dans la littérature, de l’ekphrasis d’Homère détaillant dans l’Iliade le bouclier d’Achille à la description du tableau du Condottière d’Antonello de Messine dans plusieurs romans de Georges Perec, en passant par le poème de Victor Hugo dédié au peintre Albert Dürer… Très souvent, la description d’une œuvre d’art s’insère dans un récit, comme une pause dans la narration. Néanmoins, il est un auteur qui en a fait le sujet même d’un de ses romans : il a rédigé une ekphrasis d’une bonne centaine de pages décrivant plan par plan l’intégralité d’un film de 138 minutes ! Lire la suite

Le kamishibaï : entre livre, théâtre et dessin animé

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Conteur ambulant de kamishibaï

Le kamishibaï ou 紙芝居 signifie littéralement « théâtre de papier ». C’est un genre narratif d’origine japonaise consistant à conter une histoire en faisant défiler des images sans texte dans un butaï, une sorte de petit chevalet en bois, support indissociable du kamishibaï. Ce moyen de conter est très apprécié des enfants en raison de son aspect vivant et spectaculaire (au sens premier de « spectacle » !). C’est une bonne manière d’initier les plus jeunes au théâtre, mais c’est aussi une bonne alternative aux albums et aux livres de contes. Lire la suite