Avez-vous déjà lu… le premier « livre-jeu » ?

Les « livres-jeux », aussi appelés « livres dont vous êtes le héros », ont connu leur apogée dans les années 1980 pour sombrer dans l’oubli la décennie suivante. Il s’agit de romans interactifs où le lecteur, tel un joueur de jeu de rôle, incarne le personnage principal du récit. Il influe directement sur la trame de l’histoire en faisant des choix personnels qui orientent le déroulé de son aventure. Le principe de ce type de roman est simple, il reprend la structure d’une arborescence : à la fin de chaque paragraphe, tous numérotés, le lecteur choisit la direction que prendra l’histoire parmi plusieurs possibilités ; il est ainsi invité à se rendre à tel ou tel paragraphe pour lire la suite de son aventure. Chaque paragraphe représente ainsi un embranchement, et les choix du héros autant de branches permettant au lecteur de construire sa propre version de l’histoire.

Ces romans naissent en Grande-Bretagne et sont pour la plupart édités dans la célèbre collection Fighting Fantasy. En France, ces livres sont édités chez Folio Junior, dans la collection « Un livre dont vous êtes le héros », parmi lesquels nous pouvons citer, pour les plus célèbres, Le Sorcier de la montagne de Feu de Steve Jackson et Ian Livingstone (également fondateurs de la collection Fighting Fantasy) Le Labyrinthe de la Mort de Ian Livingstone, ou encore Le Loup solitaire de Joe Denver. Ces romans s’inspirent principalement de la littérature fantastique ou heroic fantasy. Mais bien avant que ces livres-jeux remportent un si franc succès dans les années 1980, il est un bien surprenant précurseur qui mis en œuvre la première histoire « à votre façon »… Lire la suite

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Avez-vous déjà lu… le premier romancier français ?

Quel a été le premier romancier à écrire en français et donc, quel est le premier roman de l’histoire de la littérature française ? Voici des questions qui me taraudent depuis un moment et dont je peine à trouver la réponse. Je vais néanmoins tenter d’y apporter quelques éléments de réponse suite à un travail de recherche. Car si aujourd’hui, la grande majorité des publications littéraires sont romanesques, ce genre est l’un des derniers nés dans l’histoire de la littérature. En effet, il faut remonter le temps de seulement quelques siècles, jusqu’au Moyen Âge, pour trouver les premiers romans : originellement, ce terme désigne tout texte écrit en langues romanes, c’est à dire en langues vernaculaires issues de la langue d’oïl (parlée dans le nord de la France et qui prévaut sur la langue d’oc parlée dans le sud). C’est ce qu’on appelle aujourd’hui l’ancien français. Or, me direz-vous, traduire un texte du latin à l’ancien français n’est pas suffisant pour créer un nouveau genre littéraire. Certes, mais il est un auteur qui décida non pas de « mettre en roman » des textes, mais de « faire un roman » mettant ainsi en avant sa démarche créatrice : cet auteur est considéré comme le premier des romanciers français… Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman avec une seule lettre pour titre ?

Nous avons déjà parlé sur ce blog de tentatives poétiques pour réduire un texte à sa plus simple expression (lire ici notre article sur le poème le plus court du monde), mais connaissez-vous un roman dont le titre ne serait composé que d’une seule lettre ? Et s’il y en a plusieurs, serait-il possible de reconstituer un alphabet dans sa bibliothèque uniquement en utilisant la tranche de ces livres ? Et au fait, quel serait l’intérêt, pour un auteur, de nommer son livre ainsi ? Écrire un roman est une lourde tâche, certains écrivains seraient-ils épuisés au point d’être obligés d’inventer des titres si extrêmement laconiques ? Tant de questions essentielles auxquelles nous vous proposons de répondre… Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman décrivant entièrement un film ?

On appelle ekphrasis une description très précise d’une œuvre d’art. On en retrouve beaucoup dans la littérature, de l’ekphrasis d’Homère détaillant dans l’Iliade le bouclier d’Achille à la description du tableau du Condottière d’Antonello de Messine dans plusieurs romans de Georges Perec, en passant par le poème de Victor Hugo dédié au peintre Albert Dürer… Très souvent, la description d’une œuvre d’art s’insère dans un récit, comme une pause dans la narration. Néanmoins, il est un auteur qui en a fait le sujet même d’un de ses romans : il a rédigé une ekphrasis d’une bonne centaine de pages décrivant plan par plan l’intégralité d’un film de 138 minutes ! Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman en calligramme ?

Guillaume_Apollinaire_Calligramme_ChevalLe calligramme est un mot-valise formé à partir des mots « calligraphie » et « idéogramme », inventé par Guillaume Apollinaire en 1918 pour son recueil de poèmes éponyme. Il désigne un poème dont le texte est disposé de manière à former un dessin, en lien avec ce qui y est énoncé. Fond et forme se font alors écho. Voyez ci-contre un très élégant calligramme d’Apollinaire en forme de cheval. Mais si le calligramme appartient à la poésie, un auteur s’est emparé de son esthétique graphique dans un genre qui s’y prête beaucoup moins : le roman. Il existe en effet un roman, curiosité éditoriale manifeste, qui use et abuse en toute légitimité de calligrammes, offrant à ses lecteurs une expérience de lecture inédite ! Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman en monovocalisme ?

La semaine dernière, nous vous parlions d’un roman lipogrammatique écrit entièrement sans la lettre e (lire notre article ici). Aujourd’hui, il sera question de son antithèse, un roman écrit exclusivement avec la lettre e ! Cette contrainte littéraire consistant à n’écrire un texte qu’avec une seule voyelle est une variante du lipogramme appelée monovocalisme. Plusieurs OuLiPiens (membres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle) se sont prêtés à l’exercice, comme Georges Perec et son monovocalisme en a What a man, Jacques Jouet et son monovocalisme en o Oh, l’ostrogoth ! ou encore Olivier Salon son monovocalisme en e, Ce fêlé de mec. Le roman en question est sorti en 1972 aux éditions Julliard. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un roman lipogrammatique ?

Un lipogramme est une contrainte littéraire consistant à écrire un texte sans utiliser une ou plusieurs lettres de l’alphabet. Nous avons déjà cité le texte lipogrammatique, sans la lettre e, de Queneau dans ses Exercices de style (lire notre article ici) dont voici un extrait : « Au stop, l’autobus monta. Y monta un zazou au cou trop long, qui avait sur un caillou un galurin au ruban mou. » Plusieurs auteurs se sont essayés à cet exercice de style, comme Jacques Arago et son Curieux voyage autour du monde, écrit en 1853 sans la lettre a. Mais le plus fameux d’entre eux fait paraître en 1969, aux éditions Denoël, un roman d’environ 300 pages entièrement écrit sans la lettre e. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… le premier roman écrit sur le principe du cadavre exquis ?

Le cadavre exquis est un jeu littéraire inventé par les surréalistes en 1925, au 54 rue du Château à Paris. Les règles du jeu sont les suivantes : les participants écrivent à tour de rôle le mot d’une phrase sur le modèle sujet + verbe + complément, sans savoir ce que le précédent a écrit. La première phrase née de ce jeu lui donna son nom : « Le cadavre – exquis – boira – le vin – nouveau ». Beaucoup d’artistes et d’auteurs se sont emparés du cadavre exquis, le déclinant dans plusieurs genres, comme l’art plastique ou le cinéma. En littérature, ce jeu inspira de nombreux écrivains dont 14 eurent l’idée délirante de composer un roman entier sur ce principe… Lire la suite