Avez-vous déjà lu… un poème de métro ?

Le métro (et d’une manière générale les transports en commun) est le lieu tout indiqué pour s’accorder une pause-lecture qui vient souvent ouvrir ou clore une journée de dur labeur. Mais le métro est aussi un support littéraire tout autre, un lieu non plus de lecture mais d’écriture ! Pour l’oulipien Jacques Jouet, le métro devient même une contrainte d’écriture poétique, obéissant à une codification très stricte auquel chacun, armé d’un carnet et d’un stylo, pourra s’adonner avec amusement et créativité, et que je vous laisse découvrir dans l’article qui suit… Lire la suite

Avez-vous déjà lu… des messages cachés dans la poésie ?

On connaît tous la correspondance grivoise qu’a prétendument entretenu le célèbre couple d’écrivains Georges Sand et Alfred de Musset : une lettre romantique cachant une invitation coquine si on ne lit qu’une ligne sur deux, une réponse lyrique cachant un acrostiche libertin… Aujourd’hui, nous savons que cette correspondance est un canular datant de la fin du XIXe siècle, non signé par nos illustres auteurs français. Néanmoins, la littérature recèle de nombreux messages cachés, dissimulés par la rhétorique, permettant à nombre de poètes d’exercer leur virtuosité stylistique. Voici un petit échantillon de nos figures de style favorites permettant de cacher des messages secrets dans des textes aux apparences faussement innocentes… Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un aumonyme ?

Non, je n’axe pas l’ensemble d’un article sur une fantaisie orthographique : le mot « aumonyme » existe bel et bien. « Aumonyme » est un homonyme du mot « homonyme », qui désigne le rapprochement entre deux mots dont la forme écrite ou orale est proche, mais dont le sens est différent. Précisément, «aumonyme » est l’homophone (une sous-catégorie d’homonyme) d’« homonyme », dans la mesure où ce rapprochement est oral, c’est à dire que les deux mots se prononcent de la même façon. Maintenant que nous sommes au clair avec la définition du mot « homonyme », à peu près (oui, c’est très plaisant de parler des homonymes d’« homonyme », encore plus à l’oral !), qu’en est-il de cet incongru « aumonyme » ? Et bien il s’agit d’un néologisme inventé en 1923 par un poète français, précisément d’un mot-valise construit à partir des mots « aumône », « homonyme », et qui donnera son titre à un recueil de poèmes expérimentaux et, évidemment, surréalistes ! Lire la suite

Avez-vous déjà lu… une lipolepse ?

En janvier 1974, La Nouvelle Revue Française publie dans son numéro 253 une série de dix-neuf poèmes écrit par Raymond Queneau, poèmes qui ont tous une forme fixe jusqu’alors inédite. Plus tard, en 1975, ces poèmes, accompagnés d’une trentaine d’autres, seront publiés chez Gallimard dans un recueil intitulé Morale élémentaire. D’ailleurs, cette forme poétique si singulière porte le même nom de « morale élémentaire », mais aussi de « lipolepse », néologisme initialement employé par le poète OuLiPien. Mais précisément, qu’est-ce qu’une lipolepse ? Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un poème sous hypnose ?

Les écrivains surréalistes français ont utilisé nombre de techniques d’écriture afin de se libérer de l’étroitesse de la pensée régie par la raison, la plus fameuse étant l’écriture automatique. Néanmoins, l’écriture automatique a montré ses limites et d’autres expériences ont été mises en place, sous l’égide d’André Breton, le chef de file français du mouvement surréaliste, afin de faire jaillir une parole créative délivrée des contraintes de la conscience. Parmi ces expériences, André Breton, malgré ses réserves quant au spiritisme et aux exhibitions de médiums en vogue dans les années 1920, met en place 3 séances d’hypnotisme les 25, 28 et 30 septembre 1922. Ces séances ont eu lieu chez André Breton lui-même, en sa présence et celles d’autres surréalistes comme René Crevel, Robert Desnos, Paul Éluard, Benjamin Péret, Max Ernst, Théodore Fraenkel… C’est ainsi qu’un poème surréaliste a été écrit sous hypnose. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un poème monorime ?

On se souvient tous de nos cours de français où la poésie nous était enseignée, entre autres, par les fameuses rimes : rimes suivies (AABB), rimes croisées (ABAB) ou encore rimes embrassées (ABBA). Il existe évidemment d’autres variétés de rimes, toutes aussi harmonieuses les unes que les autres ; mais il est très rare de lire de la poésie monorime, c’est-à-dire qui n’utilise qu’une seule et unique rime (AAAAAAAA…). En termes de rhétorique, la poésie monorime est considérée comme lourde, disharmonieuse, presque comique, elle fatigue l’oreille par cette répétition sonore sans musicalité. Certes ! Mais il est cependant certains poètes qui ont su user avec intelligence de cette dissonante poésie monorime à des fins que je vous laisse découvrir… Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un poème graphique ?

Nous connaissons tous les calligrammes d’Apollinaire, poèmes très visuelles, dont le texte est disposé de manière à former un dessin. À ce propos, si le calligramme vous intéresse, n’hésitez pas à consulter notre article sur un étonnant roman calligrammatique ! Mais il est une forme de poésie, également visuelle, dont la finalité n’est pas un travail direct sur la forme : il s’agit de la poésie graphique qui joue sur les variations typographiques (lettres capitales ou bas-de-casse, italique, gras, taille des lettres…) et une mise en page non-conventionnelle. Cette forme poétique novatrice a été initiée en 1897 par un illustre avant-gardiste… Lire la suite

Avez-vous déjà lu… le premier écrivain au monde ?

L’histoire littéraire regorge de figures incontournables, mais connaissez-vous le nom du tout premier écrivain connu de l’histoire de l’humanité ? La réponse risque de bousculer certains a priori de ceux qui pensent que la littérature est d’abord une affaire d’hommes occidentaux, puisqu’il s’agit d’une femme, qui a vécu 2000 ans avant notre ère dans la région d’Akkad, au Moyen-Orient. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un OuLiPien du Moyen Âge ?

Nous aimons beaucoup sur ce blog l’OuLiPo, l’Ouvroir de littérature potentielle, et ses productions textuelles et expérimentales basées sur la contrainte littéraire (vous pouvez découvrir ici nos articles sur l’OuLiPo). Pour les membres de cet atelier, la création littéraire passe avant tout par une recherche formelle et des jeux sur le langage. Sans avoir la primeur de cet intérêt pour les formes littéraires, les OuLiPiens aiment à appeler ceux dont ils s’inspirent des « plagiaires par anticipation » ! Et il est, parmi ces « plagiaires », un groupe de poètes qui œuvraient dès le Moyen Âge à multiplier les contraintes et s’interroger sur les jeux d’écriture. Lire la suite

Avez-vous déjà lu… un poème boule de neige ?

La boule de neige est une contrainte littéraire définie ainsi par l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentiel) : « Une boule de neige de longueur n est un poème dont le premier vers est fait d’un mot d’une lettre, le second d’un mot de deux lettres, etc…. Le nième vers a n lettres. » Ainsi, un poème dit boule de neige (ou en avalanche) est visuellement reconnaissable par son gonflement à la base, lui donnant des allures de triangle ! Il existe des variantes à cette contrainte d’écriture, comme la boule de neige fondante, dont le nombre de lettres par vers croît puis décroît, la boule de neige de mots, ou encore la boule de neige métrique prenant en compte non pas le nombre de lettres dans un vers mais le nombre de syllabes. Il est d’ailleurs un poème remarquable d’un illustre écrivain du XIXe siècle, une boule de neige métrique fondante… Lire la suite