3 autofictions à découvrir

Il arrive que, par un concours de circonstance ou grâce à une disposition d’esprit particulière, l’enchaînement a priori hasardeux de nos lectures crée des liens particuliers entre des livres que l’on n’avait pas forcément imaginé pouvoir rapprocher un jour. Récemment, le hasard m’a fait acheté, lire et aimer trois livres qui, bien que très différents dans le propos et l’écriture, semblent pourtant se rejoindre sur l’essentiel. 3 livres parus récemment : 3 auteurs différents, 3 styles différents, 3 histoires différentes, mais 3 biographies et/ou autobiographies, 3 mêmes volontés d’évoquer ce qui n’est plus, 3 quêtes identitaires, 3 textes se construisant en révélant leurs propres contradictions, 3 livres fascinants.

Crue, de Philippe Forest

J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises cet auteur sur Textualités : pour des chroniques du Chat de Schrödinger, d’Une Fatalité de bonheur, ainsi que pour la démarche d’écriture du dossier en cours « En lisant Ulysse » qui s’appuie, entre autres, sur un essai autobiographique qu’il avait intitulé Beaucoup de jours… Ajoutez à cela qu’il a été l’un de mes professeurs de littérature comparée à la fac, vous comprendrez que j’étais en terrain connu avant même d’ouvrir Crue, son dernier roman.

On retrouve dans Crue les thèmes et les tensions qui traversent toute son œuvre : la mort de ses proches, les réflexions sur le deuil, mais aussi sur le rôle de l’art, et particulièrement celui de la littérature comme témoignage de l’absence irrémédiable, avec tous les problèmes que cela suppose. Bien qu’il se défende d’appartenir à un quelconque mouvement, on a souvent tendance à l’assimiler aux écrivains de l’autofiction, mouvement inventé par l’écrivain Serge Doubrovsky, qui est décédé ce mois-ci : il s’agit de mêler l’autobiographie et la fiction, pour chercher d’autres manières d’évoquer un parcours intérieur en se libérant des contraintes d’un récit purement factuel. La fiction, ou, sous son autre nom, le mensonge, est vue non pas comme un frein, mais comme une manière plus ou moins détournée de dire le réel…

Une autofiction donc, mais à chaque fois renouvelée dans son écriture : si Le Chat de Schrödinger présentait par exemple une rêverie scientifique, Crue nous propose une évocation très contemporaine d’une ville, dans laquelle va survenir une catastrophe quasi fantastique, quasi religieuse. Le récit se présente comme « un rapport » sur « une épidémie » qui s’étend peu à peu au monde entier et qui le fera basculer dans le Néant… Toutefois, les événements racontés sont particulièrement sujets à caution, puisque dès le début du livre, le narrateur indique ceci :

Quand j’aurai révélé tout ce que je sais, on ne manquera pas de tenir mon récit pour une fable

Une « fable », c’est-à-dire, une histoire, ou un mensonge ? Le rôle de la littérature est d’autant plus brouillé que si le narrateur, anonyme, a beaucoup de traits communs avec l’auteur, il nous avertit :

En supposant que ce témoignage devienne un livre, je le signerai d’un pseudonyme. Ou bien : s’il l’accepte, je demanderai à un écrivain de me prêter son nom. (…) Je mêlerai au récit de ma vie quelques traits empruntés à la sienne. Ou bien ce sera le contraire. De sorte que le faux soit impossible à distinguer du vrai.

Crue, c’est un personnage anonyme ; une ville anonyme ; un quartier en pleine mutation ; un prophète clochard ; un chat qui apparaît et disparaît ; un immeuble en feu ; une musique étrange qui mêle Chopin, Schubert ou Liszt ; un hôpital ; un écrivain délirant et fascinant ; un vaudeville ; l’amour ; le Néant ; des litres de Whisky ; une extase scandaleuse ; des disparitions, encore et toujours… « Crue« , c’est la rivière en crue, c’est une histoire crue, c’est-à-dire sans détours, et c’est une croyance, mais en quoi ? Une syllabe, trois possibilités. Un roman aux multiples pistes, extrêmement précis dans son écriture, et vertigineux de profondeur, qui joue avec le lecteur, ses attentes et ses doutes.

Hors du charnier natal, de Claro

Je ne sais pas très bien ce qui m’a poussé à acheter Hors du charnier natal, car je n’avais encore jamais lu de livre de Claro, que je ne connaissais qu’en tant que traducteur de Danielewski ou de Pynchon (et aussi du prochain roman d’Alan Moore, Jerusalem, qui s’annonce particulièrement monstrueux)… Sans doute la couverture, que je trouve superbe : l’illustration, la typographie, le titre, emprunté à un beau poème de José-Maria de Heredia intitulé « Les Conquérants »…

Là où la prose de Philippe Forest est claire, limpide, presque discursive, celle de Claro est revêche, tordue dans tous les sens, alambiquée, mystérieuse, ou parfois au contraire d’une évidence saillante : chaque paragraphe peut se dérober à un lecteur trop peu attentif, et chaque phrase est malaxée pour en tirer le plus d’images, le plus de visions possibles, dans une sorte de symbolisme rock, ce qui donne à ce court roman (137 pages) la densité des grandes œuvres.

L’histoire racontée est double : le narrateur, que l’on peut imaginer être l’auteur, retrace une étape majeure dans la vie d’un certain Nikolaï Mikloukho-Maklaï, anthropologue russe de la seconde moitié du XIXe siècle, parti étudier, en immersion complète, une peuplade de Nouvelle-Guinée. Il raconte le parcours de ce scientifique misanthrope et atypique tout en se mettant en scène racontant cette histoire, dans un va-et-vient permanent entre l’histoire, le discours sur l’histoire, et les résonances de tout cela sur sa propre vie. Notre vie se lirait donc à la lumière de celles appartenant à d’autres, aussi fictifs soient-ils :

En nous somnole un autre. (…)
Parfois, à la faveur d’une rencontre qui agite nos sens, ou suite à une chute que nous jugeons préjudiciable à notre ego, il nous arrive malgré nous d’imaginer celui-que-nous-avons-préféré-ne-pas-être et nous tâchons alors de lui faire comprendre qu’il n’est pas le bienvenu. Hélas, il est trop tard. Le charme de cet autre est puissant. Nous devinons alors que nous ne nous suffisons plus, c’en est fini de cette gueule de plâtre qu’aucune gifle n’est parvenue à écailler. (…)
Enfin tout est matin, car nous ne nous reconnaissons plus, nous nous sommes évadés – de nos pyjamas de chair, de nos idées-éponges, de nos fièvres d’enfant attardés -, seule compte alors cette vibration qui semble se moquer du temps, de l’espace et même, oui, même d’autrui.
Techniquement dynamités, nous recommençons à zéro.
Tous nos morceaux sont là, à nos pieds, dans un souk improbable, et il ne nous reste qu’à faire l’emplette de l’infernal.

Résumons : la rencontre de cet autre-soi, un autre dont ici rien ne dit clairement s’il est réel, ou fictif, ou les deux, dynamite les certitudes que l’on pensait avoir établies pour de bon et nous oblige à nous repenser, à reconsidérer d’un œil neuf le puzzle que nous sommes à nouveau.

Bien sûr, ce qui est valable pour l’écrivain qui se plonge dans cet autre qu’est son personnage est tout aussi valable pour le lecteur se plongeant dans toutes ces vies alternatives que sont les livres : la mise en scène de l’écriture est ici indissociable de celle de la lecture…

Pour rajouter une pierre à l’édifice, Claro précise plus loin, à la fin d’un paragraphe consacré à sa propre famille :

(…) Le fait est que sans la lecture de Proust, j’aurais été incapable de restituer cette image au demeurant étrange, ce qui ne fait que renforcer ma conviction que la vie, quoi qu’on en dise, non seulement est écrite, mais écrite par d’autres, et en mieux.

Nous nous lisons en lisant.

Un roman à découvrir, ne serait-ce que pour les retranscriptions des lettres qu’une certaine Ekaterina Venioukov avait écrit à Nikolaï Mikloukh-Maklaï sans toutefois les lui envoyer, des lettres qui créent d’étranges résonances avec le reste du roman, qui brûlent d’un tel feu intérieur et d’une telle poésie qu’on se prend à douter de leur véracité : ces lettres sont-elles l’invention de l’écrivain ? A-t-il calqué sa prose sur celle de cette amante ? Ou bien a-t-il trouvé en Ekaterina une âme sœur littéraire ? En tous cas, je n’avais pas lu d’aussi belles pages depuis longtemps :

« J’ai toujours sur mon secrétaire l’éponge noire et rêche que tu m’as offerte, si cousine de la pierre mais si légère qu’on n’ose s’en saisir d’une main soudain pataude. Quand je referme mes doigts sur elle, je pense au cœur, à ce qu’il absorbe de nous, et à l’impérieux devoir que nous avons de respirer, même quand tout se pétrifie en nous. Quelle infime partie de ton énergie consacreras-tu à m’oublier ? Quel volet en roseaux tressés fermeras-tu sur ma pauvre lumière qui ne voulait pas t’éblouir tout à fait ? On ne chasse pas les pensées comme des passereaux, Nikolaï. Les pierres ne les atteignent pas. On ne fait que les agacer, et plus ils volent plus nos regards eux aussi volent. Si ce que tu cherches ne gît pas, ne se tort pas au fond de toi, alors je ne sais pas ce que c’est.
Le monde est vaste, dis-tu. Il est ciel et terre et eau, fumée et vapeur, roche et pulpe, il rue dans le mystère des équations, fourmille au sein des étoiles et glapit au fond d’un terrier. Soit. Sans doute as-tu raison. Cette planète est vouée aux révolutions, et il ne tient qu’à nous d’en faire branler l’axe imprécis. Mais ta voix, Nikolaï. Dans ta voix il y a quelqu’un qui ne t’aime pas et te prend à la gorge dès qu’un sentiment cherche à allonger sa foulée.
Je te laisse à ton démon, amour. »

Si ça ne vous convainc pas de lire Hors du charnier natal, je ne sais pas ce qu’il vous faut…

Animale Machine, la Grecque prodige, d’Eleni Sikelianos

Dans la même librairie où j’ai acheté Hors du charnier natal, à côté de ce roman, sur la même table qui servait de présentoir se trouvait ce bouquin étrange, signé Claro lui aussi, mais à la traduction cette fois-ci. Une drôle de couverture, un drôle de titre, un drôle de livre. Je l’ai rapidement feuilleté, puis acheté.

Écrit par Eleni Sikelianos, Animale machine, la Grecque prodige est une bizarrerie poétique, une étrangeté livresque, un machin indéfinissable et hypnotique qu’il suffit de feuilleter pour s’apercevoir de l’originalité du projet : le livre mêle passages narratifs et poésies, des chansons de l’époque, des encadrés sur des notes de vocabulaire, des « instructions pour la taxidermie des invertébrés », des commentaires des protagonistes sur ce livre même, des extraits d’un récit écrit par un explorateur espagnol du XVIe siècle, des récits de rêves, des souvenirs, avec des jeux de typographie et de mise en page qui en soulignent le caractère disparate, le tout accompagné de beaucoup d’images : des photographies, des cartes, des articles découpés dans la presse de l’époque, une affiche de film (le terrifiant Freaks de Tod Browing), des notes manuscrites, etc…

Le livre est un hommage à la grand-mère de l’auteure, Melena Pappamarkou, exilée de Smyrne, ayant importé ses danses exotiques et félines aux États-Unis pour y être connue sous les noms, entre autres, de « la Grecque prodige », « Marko la femme chat », « Melena la fillle léopard », « Melanie la danseuse serpent », etc. Beaucoup de noms de scènes, beaucoup de surnoms : d’emblée, cette femme a du félin le caractère insaisissable, et l’écriture d’Eleni Sikelianos, au lieu de fabriquer un récit dont l’homogénéité et la cohérence serait une imposture littéraire, rend compte de cette fragmentation par une écriture elle-même fragmentée.

Dès le début  du livre, l’auteur nous prévient :

Ce livre fait partie d’une histoire familiale plus vaste, un système circulatoire comportant des morphinomanes et des héroïnomanes, des réfugiés, des comtes ioniens, une des plus riches familles des États-Unis ayant dilapidé sa fortune en essayant de ressusciter le théâtre grec antique, des Juifs lituaniens, une demi-douzaine de musiciens, un peintre, plusieurs poètes (dont l’un candidat au prix Nobel) et des lesbiennes, des trafiquants d’opium, des faussaires, des serveuses, des entraîneuses de bastringue, une effeuilleuse appelée Melena La Fille Léopard (un de ses nombreux noms de scène) et  un nain (l’un de ses cinq époux), qui tous finirent par échouer sur les rivages de notre patrie américaine. Cette histoire débute en des temps et des lieux ignorés de nous – dans les plaines d’Anatolie, sous la lumière dorée de l’Attique, dans les ombres de la Forêt-Noire, avec des mariniers et des beaux esprits -, serpente à travers les premiers arpents de l’histoire écrite sur ce continent, écume les teks grecs, l’Europe bohème et l’Amérique, et s’écrase contre l’histoire ordinaire de tous ces gais projets familiaux qui ont mal tourné.

Tout un programme !

Eleni Sikelianos tente de fixer la mémoire de sa grand-mère disparue, elle tente de saisir la personnalité, le parcours et l’identité de cette défunte grâce aux éléments concrets qu’elle a pu rassembler (les photos, les notes manuscrites, les souvenirs des uns et des autres), mais aussi en révélant les aspects de la vie de Melena qui résonnent encore dans la sienne, comme l’errance, la violence ou la marginalité.

Le récit invoque alors les dieux grecs et la musique Blues, les scorpions dans le désert et les trips au LSD, des pierres précieuses et des enfants battus, dans une sorte de road trip baroque, très poétique, très déroutant aussi, mais également très touchant. Le passage qui m’a le plus marqué est malheureusement impossible à reproduire ici, car cela dénaturerait sa mise en page, qui participe très fortement à l’effet recherché par l’auteur. Dans ce court texte, Eleni Sikelianos fait parler sa défunte grand-mère. Je veux dire : elle la fait parler du monde des morts, dans une langue étrange, très dépouillée, avec beaucoup de répétitions, de hachures, d’espaces et de renvois à la ligne biscornus qui donnent l’impression qu’elle s’exprime vraiment dans un langage à part, pour dire les regrets qu’elle a emportés dans sa tombe, et qui continuent à peser pour les vivants. Un passage vraiment sublime.

Trois livres différents, mais qui se rejoignent sur l’essentiel…

Ces trois livres ont chacun un style très différent, mais ils se rejoignent sur l’essentiel :

  • On doit pouvoir qualifier d’autofictions ces trois livres.
  • Malgré des styles vraiment très différents, on trouve dans ces trois livres des passages très poétiques. La poésie est là pour créer des images nouvelles, des réseaux de correspondance inédits, dont la beauté et le mystère contrastent violemment avec une trame narrative souvent très dépouillée. J’ai évoqué à ce sujet les très belles lettres citées dans le livre de Claro et le passage non retranscriptible sur ce blog de Sikelianos, je ne vous ai pas encore fait lire la poésie présente dans le livre de Forest. Dans ce passage, le narrateur est dans un chantier, à la recherche d’un chat perdu :

Cela ressemblait à un séisme – selon l’idée, il est vrai très théorique, que j’en avais. La terre avait repris sa place dans le monde des hommes. Irrépressiblement poussée depuis ses propres profondeurs, elle avait secoué la grande surface de béton et de bitume uniformément étendue sur elle, l’avait craquelée de partout, avait ouvert en elle de vastes déchirures où elle redevenait visible. Comme si la cité avait été écorchée vive et que, là où la peau était partie, apparaissait une réalité vaguement monstrueuse et menaçante d’une chair obscènement exposée. Le chantier où je passais des heures, au milieu duquel je vivais désormais, présentait cette physionomie très incongrue et singulière. Les anciennes constructions abattues, les nouvelles encore dans l’attente d’être édifiées, il mettait à nu la matière même de la terre, depuis longtemps oubliée, méthodiquement recouverte, administrée, assujettie et civilisée. Il exposait soudain à l’air libre la substance insignifiante et archaïque sur laquelle reposait partout le monde édifié par la main de l’homme et qui, depuis longtemps, interdisait tout contact avec elle, la dérobait au regard. En plein cœur de la ville, cela prenait l’apparence d’un pan de campagne inculte et vide de toute végétation, d’un désert de dunes à demi effondrées, d’un pays déshérité où n’auraient poussé que des pierres, où manquaient l’eau et l’herbe.

  • Ils parlent tous de deuil ou plutôt, ils mettent tous en scène l’auteur (qui peut se grimer, à l’occasion) aux prises avec le souvenir d’un défunt, qu’ils l’aient connu intimement ou non. Dans ces trois livres, l’écriture témoigne de l’absence, et elle explore les résonances entre la ou les personnes disparues et l’auteur.
  • Puisque les auteurs se mettent en scène dans leur propre livre, on trouve alors des commentaires sur l’œuvre dans l’œuvre : les auteurs refusent l’illusion romanesque
  • La méfiance pour la forme littéraire cause chez le lecteur une sorte de méfiance envers ces livres, si bien qu’il en vient parfois à douter de la véracité de ces récits. Les auteurs, d’ailleurs, se contredisent volontiers, et aiment à semer le trouble, à remettre en cause leur propre récit.
  • Ces sont à chaque fois des quêtes identitaires passant par le morcellement, le fragment. Des quêtes d’emblée vouées à l’échec, mais dont les récits témoignent d’une tentative de dire, malgré tout.

Pour conclure cette chronique, je laisse une fois de plus la parole à Philippe Forest :

Chacun est d’autant moins différent d’autrui que les expériences que connaissent les hommes et les femmes – et qui ne concernent essentiellement qu’eux-mêmes – se mettent mystérieusement en phase. Une pareille synchronisation donne à une période, à une époque son allure propre qui la distingue de tous les autres. Il existe, a-t-on dit, des modes en tout. Cela vaut pour toutes les manifestations les plus futiles du goût, mais cela n’affecte pas moins le domaine des convictions philosophiques, idéologique, religieuses et même la métaphysique implicite à l’aide de laquelle les contemporains, sans s’être jamais donné le mot, considèrent semblablement les grandes questions eu peu oiseuses qui touchent à la vie, à son sens et auxquelles, de toute manière, ils ne trouveront jamais de réponse.

Crue, Philippe Forest, Gallimard, 2017.
Hors du charnier natal, Claro, Inculte, 2016.
Animale machine, la Grecque prodige, Eleni Sikelianos, traduit de l’américain par Claro Actes Sud, 2017.

Louis.

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