« Le film était mieux ! »

Il y a quelques temps, nous vous parlions des préjugés du XIXe siècle par le biais du cinglant Dictionnaire des idées reçues de Flaubert. Si le cinéma avait existé à l’époque de la rédaction de cet ouvrage, on aurait sans doute pu y lire, au mot « film », le poncif tenace de notre époque :
FILM : Le livre était mieux !
Ce fameux adage, si on l’en croit ceux qui le déclament à chaque occasion, s’applique finalement aux adaptations cinématographiques de best-sellers. Mais que fait-on des films nés de romans médiocres ou totalement inconnus sans le retentissement dont ils ont profité grâce au succès d’un film ? Car s’il est vrai que les adaptations cinématographiques de la littérature ne lui rendent pas toujours l’hommage qu’elle mérite, il n’est pas non plus rare de trouver des perles du 7e art qui ont su sublimer, voire surpasser en qualité les œuvres adaptées. Aussi, nous avons eu envie de vous parler de ces films qui ont puisé avec panache dans la littérature, en vous proposant, à l’instar du web-documentaire d’Arte Blow up, un petit top 10, subjectif, de nos meilleures adaptations de livres au cinéma !

10 – Quand un livre est à l’origine d’un mythe du cinéma

nosferatuOn commence par l’évidence, avec ce qui est devenu LA figure majeure du cinéma fantastique, le Comte Dracula… En 1897, Bram Stocker a écrit un roman dont les cinéastes, de Károly Lajthay en 1921 à Gary Shore en 2014, se sont emparés pour en faire un véritable mythe cinématographique ! Le roman original est finalement un ouvrage sans grand intérêt littéraire sinon son aspect épistolaire, qui aurait sans doute sombré dans l’oubli si le cinéma ne l’avait élevé au rang de livre culte. D’ailleurs, pouvez-vous me citer un autre livre de Bram Stocker ?
Parmi les adaptations de ce roman, on trouve des films remarquables, comme l’inquiétant Nosferatu de Friedrich Murnau et son remake de Werner Herzog, avec un Klaus Kinski particulièrement terrifiant. On trouve aussi le théâtral Dracula de Tod Browning avec un tout aussi grandiloquent Bela Lugosi, et les nombreuses adaptations de la Hammer avec le féroce Christopher Lee, sans compter le synthétique et magistral opus de Francis Ford Coppola !
Nous avons malgré cette profusion de talents plus ou moins remarquables une préférence marquée pour l’adaptation, selon nous, la plus fidèle et la plus glaçante, de Murnau, avec son vampire bestial, sa mise en scène expressionniste et son fameux carton, « Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre. », qui inspira tant les surréalistes français, faisant de ce film un véritable pont entre le cinéma et la littérature !

9 – Des adaptations fantasmées

lost-in-la-manchaIl existe un roman poursuivi par une malédiction toute particulière : ainsi, le sort s’est acharné sur les cinéastes majeurs qui ont voulu adapter Don Quichotte (je ne compte pas les multiples téléfilms), à commencer par l’immense Orson Welles ! Le cinéaste, habitué aux conflits avec les producteurs et aux projets inachevés, a trainé pendant 10 ans ce film, tournant quelques scènes en muet au gré de ses envies et de son inspiration. Difficile de ne pas voir dans ce personnage espagnol un alter ego du cinéaste ayant sans doute l’impression de se battre contre des moulins à vent dès qu’il s’agissait de faire un film.
Toutefois, notre préférence ira forcément vers un autre rendez-vous raté, cette fois-ci entre Cervantès et Terry Gilliam. Regardez le formidable documentaire Lost in la Mancha, qui raconte en détail toute la série de catastrophes qu’a subies le réalisateur avant de déclarer forfait, et ensuite, rêvez, comme nous le faisons encore, à la fatalité qui pèse sur ce film, et à ce Don Quichotte que personne ne verra jamais, incarné à l’écran par Jean Rochefort. Pour ce seul choix d’acteur, ce projet abandonné restera à jamais un incomparable objet de fantasmes.

8 – Des écrivains réputés « inadaptables » au cinéma

inherent_viceIl est certains écrivains dont l’univers est tellement halluciné, tellement anticonformiste en termes de narration, qu’ils ont la réputation d’être inadaptables au cinéma. On trouve beaucoup de ces énergumènes dans la littérature américaine du XXe siècle ! Pourtant, certains cinéastes ont pris le risque de s’y frotter, réalisant des œuvres pour le moins atypiques et délirantes.
On peut dans cette optique saluer le courage de l’ex Monthy Python Terry Gilliam qui a adapté, dans la version finalement édulcorée qu’est Las Vegas Parano, l’outrancier ouvrage de Hunter S. Thompson, Fear and Loathing in Las Vegas, relatant une hallucination permanente : le voyage sans début ni fin de deux protagonistes dans un excès démesuré et continu de drogues, comme un bras d’honneur fait au puritanisme américain. Dans le même genre, on peut noter le défi que s’est lancé David Cronenberg en 1991, en adaptant l’étrange et cauchemardesque Festin nu de l’héroïnomane William S. Burroughs. La difficulté d’adaptation tient ici au caractère foisonnant du délire narré, à sa violence crue et à l’écriture, à la fois obscène et précieuse, de Burroughs. Cronenberg choisira, au lieu de retrancher l’inadaptable, de prendre la liberté de certains ajouts biographiques.
Dans cette catégorie, notre choix est sans appel, parce qu’il réunit un auteur que nous idolâtrons, Thomas Pynchon, et un cinéaste d’un talent indéniable, Paul Thomas Anderson, qui, le premier, s’est frotté à cet écrivain particulièrement intimidant ! Il s’agit bien sûr du récent Inherent Vice, dont les aspects halluciné, labyrinthique, absurde et psychédélique du roman sont parfaitement rendus ! Joaquin Phoenix en « Doc » et Josh Brolin en « Bigfoot » incarnent à la perfection les (anti-)héros pynchoniens, sans jamais tomber dans la caricature. La paranoïa, inhérente à toutes les productions de l’auteur, joue sur les registres du polar et de l’humour, participant à la construction d’un film ambitieux et exigeant, le tout, sur une musique spécialement composée par le grand Jonny Greenwood. Difficile de ne pas être pleinement conquis par cette adaptation !

7 – Des adaptations désavouées par l’auteur original

shining0Adapter un livre au cinéma est une entreprise qui peut en déplaire à plus d’un, à commencer par l’auteur lui-même. Citons par exemple le film Nada, que l’écrivain Jean-Patrick Manchette a désavoué, estimant que Claude Chabrol, en coupant au montage un communiqué politique, avait dénaturé son œuvre. Un autre exemple fameux est bien sûr l’auteur Alan Moore, dont quasiment tous les principaux comics ont été adaptés au cinéma par le biais de son éditeur, qui en détient les droits d’exploitation. Oui, car l’auteur les a cédés, ne voulant rien avoir à faire avec ces adaptations passées et à venir, jugeant (à juste titre) qu’elles étaient toutes mauvaises, allant même jusqu’à refuser que son nom soit crédité aux génériques.
Il existe cependant un réalisateur qui, plus que tous les autres, cristallise ce désamour entre un écrivain et le cinéaste dont il adapte l’œuvre : Stanley Kubrick. Ses choix artistiques intransigeants et… disons son manque de diplomatie lui ont valu peu d’hommages flatteurs auprès d’un certain nombre de personnes. Stephen King, qui avait écrit Shining pour parler de ses démons liés à l’alcoolisme, avait déclaré, suite à la projection du film :

C’est comme une splendide Cadillac sans moteur. On peut s’asseoir dedans, apprécier le parfum de la garniture de cuir — la seule chose qu’on ne peut pas faire, c’est conduire où que ce soit. […] Le vrai problème, c’est que Kubrick a entrepris de faire un film d’horreur sans rien comprendre au genre.

Plutôt mécontent du résultat, donc, même s’il faisait mine de vanter les mérites esthétiques du travail de Kubrick pour mieux dénoncer leur vacuité. Le problème étant surtout que dans le cas de cette adaptation, le cinéaste a évacué ce en quoi l’auteur était le plus attaché – un problème personnel – pour en faire une œuvre à portée universelle… Et quelle œuvre ! Si personnellement Shining fait partie des très rares films pour lesquels ma peur augmente à chaque visionnage, c’est bien que Stanley Kubrick ne s’est pas limité à une performance technique, mais qu’il a su créer un univers très particulier dans lequel le parcours des personnages entre en résonance avec nos peurs les plus intimes.

6 – Des adaptations scénarisées par l’auteur original

2001_a_space_odyssey_afficheStanley Kubrick, génie insupportable du cinéma, qui s’attirait les foudres des auteurs dont il adaptait les livres ? Pas vraiment, d’autant plus qu’il a directement travaillé à plusieurs reprises avec les auteurs pour ses scénarios. Citons par exemple Peter George, auteur de Red Alert, dont le travail d’adaptation mené avec Kubrick aboutira à Dr Folamour, ou encore Nabokov, qui qualifiait Lolita de « film de tout premier ordre », bien que le scénario qu’il avait écrit avec Kubrick n’ait été que partiellement utilisé.
D’autres réalisateurs ont d’ailleurs écrit en étroite collaboration avec des écrivains, comme Wayne Wang, dont le film Smoke s’inspire d’un conte de noël de Paul Auster, Le Noël d’Auggie Wren, Jean-Jacques Annaud travaillant avec Umberto Eco sur Le Nom de la rose, ou encore Steven Spielberg et Peter Benchley pour le scénario des Dents de la mer.
Cependant, notre préférence en revient encore à Stanley Kubrick et à son monumental 2001, l’Odyssée de l’espace, très librement adapté d’une nouvelle de l’écrivain de science-fiction Arthur C. Clarke. Leur collaboration fut particulièrement fructueuse, puisqu’elle s’est avéré être un double projet, l’écrivain travaillant sur le roman 2001 en même temps que le cinéaste tournait son film. Que dire sur ce film qui n’ait déjà été dit ? Qu’il développe une esthétique qui a bouleversé tous les films de science-fiction suivants ? Qu’il est extrêmement expérimental et en même temps profondément populaire ? Disons simplement que ce film est beaucoup plus qu’une adaptation, puisque le résultat est à des années-lumière du livre original, et qu’il constitue la définition, pour un spectateur, de ce qu’est une expérience au cinéma.

5 – Adapter un livre en le transposant dans une autre culture

chateau_araigneeLa transposition d’un genre à un autre est toujours un exercice délicat, mais lorsqu’en plus les récits se déroulent dans des pays et des époques radicalement différents, cela revient à un vrai tour de force : un réalisateur japonais, dont les films se déroulent dans un Japon médiéval ou contemporain s’est inspiré d’œuvres venant de l’Angleterre du XVIe siècle ou encore de la Russie du XIXe – début XXe siècle… En effet, Akira Kurosawa, le plus fameux des cinéastes japonais, a plus d’une fois aboli ces différences pour les réunir dans de nombreux films qui ont tous marqué durablement le cinéma mondial, au point d’en faire une référence absolue. On peut citer pour exemple ses films inspirés plus ou moins librement par l’œuvre de Fédor Dostoïevski, dont le réalisme sombre et puissant se retrouve dans quasiment toute son œuvre.
Mais sa véritable source d’inspiration semble être le théâtre, ce qui d’ailleurs est loin d’être la voie de la facilité lorsqu’on souhaite développer une narration cinématographique. Les Bas-fonds, film de 1957, est adapté d’une pièce de théâtre de Maxime Gorki : on reste ici proches de l’univers de Dostoïevski, mais Kurosawa s’est surtout énormément inspiré de William Shakespeare ! Ainsi, il a adapté Le Roi Lear avec Ran (1985) et Hamlet avec Les Salauds dorment en paix (1960), mais notre préférence va au Château de l’araignée (1957), adapté de MacBeth : un équilibre parfait entre réalisme, épique, fantastique et intimisme. Lorsqu’en plus les rôles principaux sont portés par l’extraordinaire Toshirō Mifune et Isuzu Yamada, qui campe une terrifiante Lady MacBeth, que demander de plus ?

4 – Quand le film surpasse en renommée le livre

vertigoSi je vous demande qui est Victor Canning, ou Winston Graham, ou encore Robert Bloch, saurez-vous m’éclairer ? Si je vous demande ce qu’a écrit Arthur La Bern, ou Jack Trevor Story, ou David Dodge ou encore William Irish ? Et Paul Anthelme ? Et Selwyn Jepson ? Et Francis Iles ? Eh bien, à moins d’être incollable en romans policiers anglophones, avouez qu’il y a peu de chances de croiser dans sa vie de lecteur de tels noms. Néanmoins, ils ont tous en commun d’avoir accéder à une renommée mondiale et ce, grâce à l’adaptation cinématographique d’un de leurs livres, adaptation signée, évidemment, par l’éminent Alfred Hitchcock !
Le maître du suspens a en effet, à de nombreuses reprises, puisé son inspiration dans des romans et pièces de théâtre, surpassant en renommée (et en talent bien souvent) les œuvres qu’il a adaptées, leurs offrant néanmoins leurs lettres de noblesse. Qui aujourd’hui lirait Daphné du Maurier sans l’influence de Hitchcock ?
Dans cette catégorie, notre choix a été simple, il nous a suffi de choisir notre Hitchcock favori, Vertigo, adapté du roman D’entre les morts de Boileau-Narcejac, roman réédité dès la sortie du film sous le titre Sueurs froides (titre français de Vertigo) ! D’ailleurs, comme on peut le lire dans la fameuse interview de Truffaut, Pierre Louis Boileau et Thomas Narcejac ont écrit ce roman spécialement pour Hitchcock, pour qu’il en tire un film ! Néanmoins, le cinéaste a pris plusieurs libertés quant au roman original, révélant dès le début de la deuxième partie que Judy est la Madeleine dont le héros est tombé amoureux dans la première partie du récit, contrairement au roman qui fait cette révélation à la toute fin. Il a choisi, comme à son habitude, le suspens au détriment de la surprise ! Et en choisissant le suspens, Hitchcock change totalement de registre, passant du polar au drame psychologique !

3 – Un chef d’œuvre de la littérature adapté en chef d’œuvre du cinéma

Le_ProcesEt puis, il y a ces films qui confrontent deux égos imposants, d’un grand réalisateur qui adapte un grand écrivain, faisant d’un chef d’œuvre littéraire son homologue cinématographique. La magie opère alors quand Luis Buñuel adapte Octave Mirbeau ou Benito Pérez Galdós, quand Federico Fellini se frotte à Casanova ou Pétrone, quand Pier Paolo Pasolini met en scène Sophocle ou Euripide, quand Marcel Pagnol s’attaque à du Giono ou du Daudet, ou encore quand Kubrick donne corps à Nabokov ou à Burgess. Autant dire que le cinéma a puisé dans la grande littérature et a su en tirer le meilleur, avec des œuvres inoubliables.
Bien que choisir un film dans cette catégorie peut sembler cornélien, notre choix a été une évidence, parce qu’il s’agit d’une œuvre magistrale et vertigineuse dont le grandiose Orson Welles a su rendre l’oppressante absurdité dans un film asphyxiant, Le Procès, évidemment, adapté de Franz Kafka en 1962. Bien qu’à sa sortie, nombre de critiques ont reproché à Welles de trahir l’œuvre de Kafka, ce film porte en lui la même critique sociale de la puissance totalitaire bureaucratique et interroge, avec ironie, les thèmes de la culpabilité et de l’innocence. Avec une mise en scène du grandiose et de la suffocation, autour d’une architecture imposante et étouffante, Welles nous propose une interprétation personnelle, une relecture du classique kafkaïen à l’aune de sa propre vision du monde : quand un génie lit un génie, ça donne un chef d’œuvre, évidemment !

2 – Quand le film sublime l’écriture d’un livre

Jules_et_JimIl existe finalement peu de films qui ont su rendre l’attrait purement littéraire de l’œuvre dont il s’inspire, qui ont su rendre compte de son écriture. Ce parti pris de citer la prose d’un écrivain dans un film joue alors sur deux grammaires différentes, quasi-antithétiques : celle de l’écrit, du texte qui est propre au livre, et celle du visuel, du mouvement, propre au cinéma. Comment allier les deux ?
Selon nous, le film qui a le mieux honoré un roman, son auteur et son écriture, le tout en y apportant la marque très singulière de son réalisateur, est le magnifique film de François Truffaut, Jules et Jim, adapté du roman du même de nom de Henri-Pierre Roché. L’éminent réalisateur a pour ce film pris le parti de ne pas transposer les scènes inadaptables du livre par des scènes de substitution, procédé qu’il a maintes fois dénoncé en tant que critique. Il a préféré intégrer directement dans le film une voix off, celle de Michel Subor, citant directement le texte d’Henri-Pierre Roché, donnant une empreinte très littéraire et très intellectuelle à son film.
C’est donc de manière engagée et pensée que Truffaut s’est attaqué à cette adaptation de Henri-Pierre Roché, louant sa prose et incarnant ses personnages tragiques par de magnifiques acteurs : la sublime Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre, Cyrus Bassiak qui compose pour l’occasion Le Tourbillon, et la trop rare Marie Dubois en locomotive désinvolte ! Et puis, il y a la musique de Georges Delerue et la réalisation impeccable, comme d’habitude, d’un des plus grands réalisateurs français !

1 – La poésie adaptée au cinéma

pierrot_le_fouOn termine par ce qui nous semble une évidence, avec une libre adaptation de la poésie de Rimbaud : le chef d’œuvre de Jean-Luc Godard, Pierrot le fou ! Bien que ce film soit une adaptation d’un polar de Lionel White, c’est avant tout un hommage au poète français, où le cinéaste refuse une « vieillerie » cinématographique comme le poète avait refusé la « vieillerie poétique », dans Alchimie du verbe !
Dans ce film, Rimbaud est partout, en tant que poète et en tant qu’homme : dans des citations omniprésentes, dans son portrait en noir et blanc, à travers le personnage de Fred, le frère de Marianne, trafiquant d’armes en Afrique, ou encore à travers la vie de bohème des deux (anti-)héros, et particulièrement leur « vie d’aventures qui existe dans les livres des enfants, pour me récompenser, j’ai tant souffert, me la donneras-tu ? » ! Enfin, il y est question, discrètement, des combats rimbaldiens socialiste et anticlérical.
Un film qui use avec brio des grammaires cinématographique et poétique, et qui nous parle si brillamment de Rimbaud valait bien notre première place : parce qu’il nous parle de liberté, dans l’action ou la contemplation, parce que le ciel incomparablement filmé par Godard, parce que la musique poignante d’Antoine Duhamel, parce qu’Anna Karina, parce que Jean-Paul Belmondo, parce que Raymond Devos qui nous demande « Est-ce que vous m’aimez ? », et enfin, parce que Rimbaud, encore et partout… Bienvenue dans un monde parfait !

Anne et Louis

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13 réflexions sur “« Le film était mieux ! »

  1. Bel article intéressant, une fois de plus. Si j’ai vu beaucoup de ces films, je n’ai pas lu beaucoup de livres leur correspondant. Ayant vu Lost in la Mancha, je suis depuis les péripéties de Terry Gilliam à propos de ce projet. Ne devrait-il pas essayer de le tourner enfin cette année ? Hélas pas avec Jean Rochefort.
    Quant au Casanova de Fellini, un film marquant de mon adolescence, je suis allée le voir trois fois de suite à sa sortie. Ce film devait avoir un petit quelque chose de particulier.

    Aimé par 1 personne

    • Le nouveau tournage du Don Quichotte de Gilliam devait commencé début 2016, mais il est une fois de plus reporté car John Hurt, qui remplace Jean Rochefort, est malade. Il semblerait que le sort s’acharne ! Merci pour votre commentaire 🙂

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  2. Article très complet sur un thème récurrent dans le cinéma en effet. L’adaptation rassure souvent les producteurs, car l’histoire a fait ses preuves auprès d’un public (les lecteurs) quand le roman a eu du succès. Il est aussi plus facile d’adapter un roman policier, par sa structure même, voire un roman médiocre qui à un concept fort pour pouvoir s’en affranchir plus facilement. Adapter, c’est nécessairement trahir en partie. Pour citer un livre qui n’a jamais été adapté en dépit de nombreux réalisateurs qui s’y sont attaqués, c’est « le voyage au bout de la nuit » de Céline. Une très bonne adaptation également pour moi, « le monde selon Garp » de John Irving.

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour vos observations plus qu’avisées ! Effectivement, adapter, c’est forcément trahir, car chaque genre a son langage propre et chaque lecteur, sa propre réception. Merci pour la mention du « Voyage au bout de la nuit » auquel nous n’avions pas pensé : depuis votre commentaire, on se met vraiment à rêver avec enthousiasme d’une adaptation de ce monument romanesque 😀 Quel cinéaste pourrait relever un tel défi ?

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      • Il y en a eu plusieurs (je n’ai plus les noms en tête). Le problème majeur de ces grands romans littéraires picaresques, c’est tout d’abord la richesse et l’avalanche d’évènements et de personnages, presque impossible à rendre dans un film de 2h30 maximum (les producteurs préfèrent moins de deux heures car au delà, cela fait une séance de moins par jour dans les salles, donc des recettes en moins)… Et puis comment traduire le style, sans lequel le récit n’est plus le même ?

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    • C’est intéressant de découvrir toutes ces contraintes qui nous échappent, nous autres les simples spectateurs. Ça serait vraiment très intéressant de lire un prochain billet sur les contraintes d’écriture d’une adaptation littéraire du point de vue d’un cinéaste 😉

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  3. Merci pour vos articles toujours aussi passionnants ! Mon seul regret est vous n’ayez pas cité un de mes livres/films préférés : Johnny got his gun de Dalton Trumbo. Il aurait été d’autant plus intéressant de le mentionner que c’est une des rares adaptations ayant été réalisé par son auteur …

    Aimé par 1 personne

    • Merci beaucoup pour ce commentaire très intéressant. Je ne savais tout simplement pas le film « Johnny got his gun » a été réalisé par son propre auteur. Je n’ai pas lu le livre, mais j’ai vu ce film extraordinaire une seule et unique fois, ce qui a suffit à me traumatiser à vie ! J’ai voulu le revoir plusieurs fois, mais il est tellement accablant, presque insoutenable… Je pense par contre que je lirai le livre avec beaucoup d’intérêt.

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  4. Pendant que j’y suis, je me permets de préciser que j’ai écrit un texte sur le sujet de l’adaptation cinématographique sur mon blog (texte en quatre parties où j’évoque plusieurs adaptations de livres au cinéma).

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