Claude Ponti s’expose à Nantes !

Claude Ponti, auteur et illustrateur de livres pour enfants, apporte depuis 3 années consécutives une touche de poésie fantasque et de tendresse ingénue dans plusieurs parcs nantais. Cet été encore, le Jardin des plantes et les parcs de Procé et de la Beaujoire accueillent plusieurs installations de l’artiste. En tant que Nantais, chanceux que nous sommes, nous sautons évidemment sur l’occasion pour vous parler de cet auteur poétique et de son œuvre, à la fois foisonnante et onirique !

Un mot rapide sur l’œuvre littéraire de Claude Ponti

Depuis la naissance de sa fille Adèle en 1986, Claude Ponti a écrit et illustré nombre d’albums jeunesse, d’abord chez Gallimard Jeunesse, puis, depuis les années 1990, à L’École des loisirs. Ces ouvrages sont de très belles éditions, avec des formats variés, à l’italienne (en paysage) par exemple, comme L’Arbre sans fin (mon préféré !) ou sur L’île des Zertes. Il existe également des formats très grands, comme le dernier opus de l’artiste, Blaise et le Kontrôleur de Kastatroffe (38x27cm), mais aussi des formats tout petits (11×15) de la collection « Tromboline et Foulbazar » où Ponti décline de courtes histoires autour de deux poussins frère et sœur ! On retrouve d’autres personnages récurrents dans l’œuvre de Ponti : Adèle, surtout dans ses premiers albums, mais surtout Blaise, le poussin ! Ce petit personnage est devenu emblématique de l’œuvre de Ponti, tant et si bien que son double végétal a pris place dans le Jardin des plantes à Nantes depuis 3 ans !

l'arbre sans fin de Claude Ponti blaise Tromboline et Foulbazar
L’œuvre de Ponti est visuellement forte, particulièrement reconnaissable par ses aspects graphiques luxuriants et oniriques. Le foisonnement visuel est particulièrement présent dans Blaise et le château d’Anne Hiversère où une célèbre double page foisonne de références culturelles en lien avec l’enfance. En voici une : je vous laisse vous en délecter… et bien sûr trouver Charlie !

Blaise et le château d'Anne Hiversère
Les univers dépeints par Ponti relèvent du monde des rêves, des univers oniriques. On compare souvent son œuvre à celle de Lewis Carroll, l’auteur d’Alice au pays des merveilles. En effet, ces deux auteurs font appellent à l’imaginaire de leurs petits lecteurs en leur proposant des histoires qui impliquent fortement leur émotionnel. Ces histoires se déroulent dans des diégèses relevant à la fois du tendre rêve et de l’inquiétant cauchemar.

L’importance des illustrations chez Ponti est évidente, mais l’auteur apporte un soin particulier à son écriture, ses histoires étant d’une richesse textuelle indéniable En effet, Ponti crée dans ses textes beaucoup de néologismes à la manière des enfants, imitant leur maladresse souvent poétique. Par exemple, on trouve dans Pétronille et ses 120 petits les mots valises Bâffrebouffe (formé à partir de « baffrer » et « bouffer »), ou Sagoinfre (« sagoin » et « goinfre »), etc. Empreints d’humour, les textes jouent également sur les sonorités, comme le personnage d’Okilélé, nommé ainsi car à sa naissance, on s’exclama : « Oh ! Qu’il est laid ! » Ponti utilise aussi des expressions enfantines, maladroites syntaxiquement comme « il y a très beaucoup » ou « plus bien ». Langage et image vont ainsi dans le sens d’une fantaisie ambitieuse à la portée des plus jeunes, d’ailleurs, les livres de Ponti ont un fort impact sur les enfants !

Des installations artistiques et végétales

En parallèle à son œuvre littéraire, Claude Ponti s’expose pour la troisième année consécutive à Nantes, dans le cadre du festival Voyage à Nantes. Au gré des promenades dans les parcs nantais, et ce, jusqu’au 18 octobre, les visiteurs ont de nouveau la chance de découvrir les installations artistiques de Claude Ponti, conférant à ces jardins une fantaisie onirique et déjantée ! D’un simple blanc à de gigantesques créatures végétales, l’univers pontien est à portée de main, amusant les petits et faisant rêver les grands aussi ! Je vous laisse découvrir cet univers à travers quelques œuvres que nous vous présentons en images, mais aussi en textes car Claude Ponti confère aux mots et aux visuels la même importance !

Au Jardin des plantes…

blanc géantLe Jardin des plantes, situé juste à côté de la gare, est le lieu incontournable de cette « exposition Claude Ponti » ! Aussi, si vous avez pendant les vacances estivales un arrêt en gare de Nantes, n’hésitez pas à franchir les portes de ce parc métamorphosé en « pays des merveilles » pontien ! Vous pourrez par hasard tomber sur ce banc géant, exemple d' »art topiaire », contre lequel le poussin végétal s’est jadis reposé ! On se sent un peu comme une Alice de Lewis Carroll  en passant sous ce banc… Merci Claude Ponti pour cette expérience onirique !

Le Massif du poussin endormi

Si vous prenez l’entrée du Jardin des plantes située près de la gare, vous serez accueillis par un énorme poussin de buis. Vous pourrez également lire cette jolie présentation du parc signée Claude Ponti :

Du général avis et du mien en particulier, ici je suis en et pour dormir encore revenu dans mon chez moi en préférence de Nantes des plantes le Jardin.
Ici le mieux je rêve des couleurs de merveilles et des odeurs de parfums fabulissimeux qu’en sont mes rêves outrepassés de splendeurs inouïes comme jamais vues partout nulle part.
En herbe douce je me pose et sieste moelleuse. Ô graminées ! Ô fragrances de pétales ! Ô effeuillures d’artichauts chauds !
Ô eaux ! Cascades, pelouses, serre de verre, cerfs de bronze, Chandelle verte, bancs de bois, bancs de pierre, blancs de paul, magnolias, camélias, séquoias, c’est quoi y’a pas ? Rien, tout est là ! Nantes, je te vous adore des plantes mon le jardin !

Le poussin

poussinpoussin_detail valise-poussin

La Dormanron

Adorable créature végétale, la Dormanron dort paisiblement au Jardin des plantes, près de l’étang. Son histoire vous est contée par Claude Ponti :

Découvertes dans les îles Aldébarannes par Guylane Hululine à l’âge de six ans lors du voyage sabbatique de ses deux mères, les Dormanrons sont aujourd’hui reconnues comme des créations végétales des tortues marines (de la super famille des Chelonioidea).
Revenue sur place à l’âge de vingt-deux ans pour son mémoire de bio-ingénierie, Guylane fit la corrélation entre la création d’une Dormanron et l’activité étrange d’une tortue marine âgée. D’après ses observations, la tortue porte sur l’île des spores d’une algue rare dont les cellules souches sont accessibles mentalement, modifiables et orientables pendant trois jours environ.
La tortue rêve de dormir sans carapace à l’abri de toute agression sur une plage de sable fin bien ensoleillée. C’est l’intensité du rêve qui donne sa perfection à la Dormanron.
Guylane Hululine a prouvé, deux ans plus tard, qu’une tortue ne peut créer une Dormanron que si les spores sont plantées à plus de 1229 mètres et à moins de 1234 mètres de la mer dans toutes les directions. C’est la raison pour laquelle les Dormanrons sont très rares. Celle du Jardin des plantes de Nantes est maintenue en vie par un cercle de tuyauterie souterraine où circule de l’eau de mer.

Dormaron de Claude Ponti Nantes dormanron de Claude Ponti Nantes

Les totemimiques

Les totemimiques ont poussé au Jardin des plantes juste derrière la Dormanron. Claude Ponti nous explique de quels végétaux il s’agit…

Les Totémimiques sont des Bambusoldeae, plantes monocotylédones appartenant à la famille des graminées. Variété issue d’une mutation génétique accidentelle.
Comme les bambous, les Totémimiques poussent immédiatement à leur diamètre définitif et atteignent leur hauteur maximale en un an.
Les Totémimiques, stupéfilirant exemple de mimétisme végétal, imitent des visages avec leurs sommités. D’après Irina Prouitchinovna, pour effrayer les oiseaux qui auraient l’idée de nidifier dans leur feuillage. Et d’y élever des oisillons bruyants tout en laissant des fientes nauséabondes.
Découverts dans les Monts d’Encre en 1725 par Ursula Crapahutt, fille d’un pasteur et d’une demoiselle Sauge-Beaupré, botaniste du Roi, les Totémimiques étaient intransportables, jusqu’à la pose des câbles sous-marins transatlantiques qui ont servi de supports à la migration de leurs rhizomes leptomorphes.

Totemimiques de Claude Ponti Nantes Totemimique de Claude Ponti Nantes

Le Sous-fleur

Étrange massif de fleurs, le Sous-fleur borde une grande plaine, près d’un sentier en direction de la serre. Claude Ponti nous raconte qu’il est le « porte-bonheur » du jardin :

Le sous-fleur est la progéniture fabuleuse et protectrice laissée par les Génies personnels du Jardin des Plantes de Nantes. Ayant été malencontreusement nourri par un promeneur inconséquent, le couple de génie n’est plus attaché matériellement au Jardin. Il est parti visiter les jardins de Tivoli à la Villa D’Este, le Jardin des Tuileries à Paris et la collection d’arbres multicentenaires du Temple de Confucius à Beijing (Pékin, en chinois français.)
Mais dans sa grande mansuétude doublée de générosité le couple de Génie a laissé le Sous-Fleur comme gardien merveillissimeux. Le Sous-Fleur, n’est donc ni une plante, ni un animal, ni un minéral, mais les trois à la fois puisque c’est un talisman porte-bonheur à vocation de gri-gri faisant fonction de fétiche.
Dans un sens, on peut parler de création étant entendu qu’entre les mots création et procréation il n’y a qu’un «pro» de plus et qu’en la matière les génies sont des «pros». Dans l’autre sens aussi car pour la procréation les Génies pratiquent le sens dessus dessous.

sous-fleur de Claude Ponti Nantes sous-fleur de Claude Ponti Nantes sous-fleur de Claude Ponti Nantes

Naissance d’un bébé Serpicouliflore au parc de Procé

Le Serpicouliflore est une créature merveilleuse de plusieurs mètres de long, un serpent à tête de grenouille fait de plantes qui a vu le jour en 2013 au Jardin des plantes. Cette année, Madame Serpicouliflore nous présente sa famille au parc de Procé dont son tout jeune bébé. Claude Ponti raconte ainsi la naissance du petit :

En une nuit, les deux Serpicouliflores se sont plu avec affinité, puis se sont fricoutaillé les graminées, entortillonnaillé leur procréatine, orgasmitouillé les cupules jusqu’au brame intersidérant, fécondant ainsi la merveille qui éclot sous vos yeux.
On notera la solidité de la coquille capable de résister à des températures volcaniques, sa taille comparable à une voiture genre Spart, construite à Bakou (capitale de l’Azerbaïdjan). Et son poids comparable au même véhicule rempli de huit cent kilos de bergamotes de Cambrai.
Photo sans flash autorisée après demande auprès des parentes concernées. Nourriture : compostd’humus et de cubitus sylvo-mythocondriens broyé incorporé à une bouillie tiède d’algues de lagon.

Serpicouliflore-1 Serpicouliflore-2 Serpicouliflore-3 Serpicouliflore-4 Serpicouliflore Serpicouliflore-5
Découvrez l’ensemble de l’exposition sur le site du Jardin des plantes de Nantes.

L’Arbre sans fin, Claude Ponti, L’École des loisirs, 1992, 48 pages, 21.90€
L’île des Zertes, Claude Ponti, L’École des loisirs, 2000, 68 pages, 15.30€
Blaise et le Kontrôleur, Claude Ponti, L’École des loisirs, 2014, 44 pages, 19.80€
La collection « Tromboline et Foulbazar », Claude Ponti, L’École des loisirs, 6.60€
Blaise et le château d’Anne Hiversère, Claude Ponti, L’École des loisirs, 2004, 44 pages, 21.90€
Pétronille et ses 120 petits, Claude Ponti, L’École des loisirs, 1990, 44 pages, 21.90€

Anne

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